C'est vrai, il y a un peu de Elephant dans Simon Werner a disparu... On aurait remplacé La Lettre à Elise par des riffs de Sonic Youth. Si le film est moins dense que son grand frère de Colombine, il n'en reste pas moins intéressant. Et pour ceux qui étaient au lycée en 1992... Cela rappellera des souvenirs. Des gros efforts de sophistication caractérisent l'atmosphère, l'image, le son et même le scénario. Ce dernier est découpé intelligemment, présentant des points de vue différents d'une même scène selon les protagonistes. Au passage, on remarquera combien la structure d'un scénario se trouve modifiée sans téléphone portable ni internet! Les acteurs en revanche, des adolescents bien représentatifs de leur génération, sont un petit peu en dessous, montrant une fâcheuse tendance à avaler les fins de leurs phrases. Toujours ces problèmes de diction... Un bon film à partir d'un fait divers assez banal.
jeudi 30 septembre 2010
Des Hommes et des Dieux
La vie quotidienne des moines de Tibhirine avant leur massacre. Michael Lonsdale est époustouflant, les autres ne sont pas mal non plus. Avant toute chose, il est bon signaler que Des hommes et des Dieux est un film particulièrement agréable à regarder. Tout est fait pour que le plaisir des sens soit assuré du début jusqu'à la fin. Les paysages sont magnifiques, l'image est travaillée à l'extrême avec un maximum de prises de vues effectuées au petit matin (l'avantage avec les moines, c'est qu'ils se lèvent tôt), et donc la plus belle lumière qui soit. Et compte tenu du battage médiatique autour de ce film, cela devient presque un cliché de le dire: le silence n'est pas ressenti comme tel. C'est probablement cette puissance indescriptible qui attire les gens en masse dans les salles. Etant rapidement irrité par les films trop calmes, j'aurais dû pester au bout de 5 minutes. Il n'en fut rien, et pour moi, cela ressemble à un exploit. Pour le reste, Des hommes et des Dieux n'est pas un film qui se raconte. Il faut tout simplement aller le voir, et dans une salle de cinéma, sans attendre de regarder le DVD dans son home video. Il saura trop tard alors.
mardi 28 septembre 2010
Hors-la-loi
Hors-la-loi démarre très vite sur le massacre de Setif (des milliers de morts - personne n'est encore en mesure de dire combien, la valeur supérieure annoncée s'élevant à 40 000 tués). Le décors est posé et la polémique peut commencer. Tout le reste du film est consacré au terrorisme du FLN qui frappe la France de l'après-guerre. Sans le dire vraiment, certains voient les choses comme cela: un gamin de banlieue, nourrit au manichéisme des blockbusters américains aura tôt fait de connecter les causes aux conséquences, justifier ces dernières et renier le drapeau français pour mieux s'adonner au communitarisme. Par les temps qui courent et avec toutes ces discussions interminables sur les problèmes d'identité nationale, beaucoup auraient aimé se passer de cette brique supplémentaire apportée au débat. Certes, Bouchareb manque de subtilité sur le plan historique. Mais c'est pour mieux se concentrer sur les 3 frères terroristes, leur implantation en France et les mécanismes qui régissent leur cellule familiale. Pour faire un film de cinéma. On y voit de l'action, de l'émotion, des scènes plus philosophiques... Aucune place pour l'ennui. Malheureusement, le montage est plutôt mal ficelé, et l'intensité dramatique en pâtit furieusement. Il est finalement assez difficile de rester connecté au film malgré les efforts des acteurs qui semblent s'impliquer avec leurs tripes. Du pathos, quelques scènes filmée maladroitement, l'ensemble est un peu décevant mais se laisse tout de même regarder.
P.S. : je viens de lire la critique de Télérama qui me rappelle un élément d'importance que je m'empresse d'ajouter. Une idée fort intéressante imprègne le film: les combattants/terroristes du FLN voyaient leur rôle en France comme celui des résistants à l'occupant nazi. Cette lumière qui pour moi était assez inhabituelle, conduit à penser autrement le drame algérien.
P.S. : je viens de lire la critique de Télérama qui me rappelle un élément d'importance que je m'empresse d'ajouter. Une idée fort intéressante imprègne le film: les combattants/terroristes du FLN voyaient leur rôle en France comme celui des résistants à l'occupant nazi. Cette lumière qui pour moi était assez inhabituelle, conduit à penser autrement le drame algérien.
dimanche 19 septembre 2010
The Town
Un film d'action qui tient la distance. Tout y est correct: le scénario est efficace, les acteurs font leur travail proprement, la photo est bonne. Rien que du très classique, mais réalisé très professionnellement avec tous les ingrédients que l'on est en droit d'attendre de ce genre de film. L'idéal pour un soir de semaine en rentrant du boulot.
samedi 18 septembre 2010
Benda Bilili !
Un documentaire formidable sur un groupe de musicien handicapés et vivant dans la rue à Kinshasa, le "Staff Benda Bilili", qui se démène pour faire reconnaître sa musique. Le plus incroyable dans cette histoire (je vends la mèche volontairement pour motiver les plus réfractaires à tout ce qui n'est pas fiction), c'est qu'elle se termine remarquablement bien. Rare lorsque l'on traite de l'Afrique! C'est absolument fascinant de suivre le groupe et ses malheurs quotidiens de 2005 à 2009. Il s'agit là d'un pari fou de la part des réalisateurs. La probabilité était extrêmement forte de ne faire qu'un documentaire de plus sur des personnes matées par les éléments hostiles de leur société. D'ailleurs, pour être franc, lorsqu'on rencontre le Staff pour la première fois en 2005, on a déjà tout de suite le sentiment que leur projet va capoter. Benda Bilili se regarde comme un film dont la deuxième partie semble être en accéléré tellement les événements se bousculent. Super.
mardi 7 septembre 2010
American trip
Une comédie ni bonne ni mauvaise, souvent lourdingue, contenant malgré tout un ou deux passages drôles. Les intermèdes musicaux sont pénibles à la longue. Pas grand chose à en dire.
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