mercredi 30 décembre 2009

The proposition


Le western se déroule en Australie. Les personnages sont assez réussis individuellement: crasseux à souhait, suant à grosses gouttes sous la chaleur écrasante. La photographie est très soignée. Le plaisir des yeux est incontestablement assuré par John Hillcoat. Mais la sauce ne prend pas. Difficile de s'intégrer à ce récit en tant que spectateur. Quelles sont les motivations de chacun? Les objectifs du cinéaste? Par ailleurs, les poèmes récités en voix off en même temps qu'une bande son désagréable sont d'une lourdeur pesante. L'aspect "art et essai" appliqué au genre du western n'est pas une mauvaise idée en soi, mais dans le cas de the proposition, il me semble que l'on frôle la prétention artistique.

lundi 28 décembre 2009

Tetro


La mise en scène est incontestablement brillante. Il y a dans Tetro un plaisir de regarder assez rare. Chaque scène est pensée dans les moindres détails, à un point tel qu'on reste frustré de ne pas pouvoir mettre sur pause de temps en temps pour digérer tous les détails (visuels, symboliques, scénaristiques etc...). Malheureusement, Coppola impressionne par sa dextérité, mais ne convainc pas. Cette succession de scènes aussi parfaites les unes que les autres n'engendre en rien un film. J'ai la sensation d'avoir suivi le cours parfait d'un professeur de cinéma à la classe internationale. Ensuite, mais c'est plus personnel, je suis assez peiné de voir un acteur (Vincent Gallo) pratiquer dans une production américaine le format de jeu tellement pédant et fatiguant des acteurs parisiens.

mercredi 23 décembre 2009

Qu'un seul tienne et les autres suivront


Très bon premier film. Trois histoires sont contées en parallèles, ayant toutes comme dénominateur commun les visites au parloir d'une prison. Les acteurs sont excellents, l'intrigue bien amenée. Au final, cela donne un film assez dense où l'auteur traite, sans se poser de question (l'insouciance des débuts!) des sujets très différents. Assez incroyable. De quoi se réconcilier avec le petit cinoche français. Parfait pour ceux qui souhaitent sortir de la dictature des blockbusters (dans mes premiers posts, je parlais de film PAC). Et peut-être la naissance d'une virtuose: Léa Fehner.

Avatar


avant: critiques plutôt correctes. La bande annonce vend assez mal le film à mon avis, laissant filtrer une impression général de laideur.
après: du grand spectacle! Et contrairement à la bande annonce, l'univers visuel d'Avatar est d'une beauté rarement égalée dans un film synthétique. L'auteur assume un scénario somme toute assez classique et affiche haut et fort son intention de créer un show empruntant leurs ambiances aussi bien aux Terminators qu'aux dessins animés de Myasaki. Un grand Ushuaïa à la puissance dix, et pour ceux qui n'auraient pas encore réalisé que l'environnement est au coeur du processus cinématographique de Cameron, la musique est bien là pour nous le rappeler: à chaque instant, on se demande si Nicolat Hulot ne va pas débarquer en hélicoptère pour survoler un troupeau de hyènes pandoriennes et nous expliquer dans la friture de son micro qu'elles sont en voie de disparition, que l'écosystème est en danger (il aurait raison). Malgré tout, ce qui pourrait s'apparenter à une lourdeur de style passe avec une légèreté surprenante. Avatar est incontestablement un film à voir!


Un seul conseil: oublier les délires marketing de la 3D et les lunettes de guignol qui lessivent les couleurs comme l'auraient fait toutes les poudres lavantes classiques, c'est-à-dire autres que Mir Couleur. C'est le second film que je regarde en 3D: dans Scrooge, quelques flocons de neige sortaient vaguement de l'écran, dans Avatar on a parfois la sensation de toucher quelques branches d'arbres (avec un peu d'imagination). La belle affaire...

mercredi 16 décembre 2009


En toute honnêteté, je m'attendais à un navet. J'ai été agréablement surpris par ce film qui ne perd pas de temps et montre de façon extrêmement didactique les rouages de l'abus de bien social en politique. Les deux personnages principaux joués par Cornillac et Clavier sont tous deux bien intentionnés, mais finissent malgré tout par s'opposer sans que le spectateur ait la moindre envie de prendre partie. En ce sens, c'est plutôt réussi. Jusqu'ici, j'avais l'impression que les mécanismes politiques ne pouvaient pas bénéficier d'une analyse intelligente dans les films grand public. Je trouvais mon compte dans des films petits publics exaspérément germano-pratins, comme dans "Le Candidat" avec Attal. L'analyse intelligente de François Favrat dans "La sainte Victoire" montre que l'on peut sensibiliser le grand public à des sujets délicats sans tomber dans la binarité stupide qui caractérise souvent ce genre de film.

samedi 12 décembre 2009

Mensch


Mensch est un film au casting formidable. Les acteurs sont tous incroyables, les premiers comme les seconds rôles. On assiste à l'antithèse de rapt (critiqué plus bas): des supers acteurs dans un film sans rythme et sans saveur. Le scénario est assez attendu. Le Monde a bien résumé l'ensemble: "un film sans conviction", finalement à l'image de son affiche...

mardi 8 décembre 2009

The limits of control


avant: critiques plutôt élogieuses
après: il faut tenir les deux heures et c'est dure... Les plans sont magnifiques et d'une densité incroyable. Rien à dire à ce sujet. Mais l'absence totale de récit non seulement agace mais provoque l'ennui à un point que l'on imagine même pas. Le héros, un tueur, reproduit les mêmes gestes à chaque séquence: il s'assoit à une terrasse de café, commande deux expressos dans deux tasses différentes en attendant qu'un personne, en général au comportement insolite, vienne s'assoir à ses côtés. Quelques bribes de dialogue si tout va bien, et le reste du temps il pratique du tai chi chuan ou se fait filmer couché en regardant le plafond.
Un projet artistique à diffuser éventuellement au centre Pompidou aux côtés des oeuvres de Jean Cocteau!

Le drôle de Noël de Scrooge


Un blockbuster en 3D de bonne facture mais assez peu intéressant. Curieux, je me rappelle que le texte de Dickens m'avait bien plu pourtant... Ici, la 3D n'apporte pas grand chose, si ce n'est pour faire tomber les flocons de neige dans la salle de projection. Pourquoi pas. Pour le reste, l'intensité dramatique est quasiment nulle: les nombreuses péripéties (peu amusantes) de Jim Carrey laissent le spectateur assez indifférent. Etonnant résultat.

La route


Encore un film particulièrement long. Un père et son fils marchent le ventre vide pendant presque deux heures dans un paysage de cendres, au son des arbres qui cassent ou se déracinent, on ne sait pas trop pourquoi. L'angoisse permanente règne sur le film et empêche le spectateur de s'endormir: il faut éviter les méchants cannibales, trouver des miettes de nourriture pour survivre et rester bien au chaud. A cela s'ajoute la crasse, tellement omniprésente qu'elle diffuse à travers l'écran. On se vérifie les ongles en sortant du ciné. Le contexte, bien en place donc, ne sert finalement qu'à laisser Viggo Mortensen gémir tout le long du film en insérant de temps en temps quelques flashback mélodramatique de sa femme en pleine crise de suicide. Fatigant.

mardi 1 décembre 2009


avant: BTS...
après: ce film de zombies n'a rien de plus que les autres. Banal et moyennement divertissant.