Le scénario n'annonce rien de bon: un jeune cadre se coince les bras dans un rocher pendant 127h. Et en plus il est seul... Ne pas s'ennuyer relève de la gageure et Danny Boyle a beau déployer tout ses talents de cinéaste, il ne parvient pas à gagner complètement son pari. On sent qu'il s'est creusé la tête. Pour commencer, il déstructure totalement le film d'aventure classique en le tirant vers son univers trash à la Trainspotting. Tout y est: une BO hype, des effets de caméra plus "Hostels" que "Out of Africa", un montage aux amphétamines truffé de flashbacks et d'hallucinations, des acteurs qui semblent plus sortir de boîte de nuit que d'un treck à la montagne... Il faut l'avouer, c'est vraiment réussi. Malheureusement, rien de tout cela ne fait remonter l'intensité dramatique à la surface.
dimanche 27 février 2011
mercredi 23 février 2011
True Grit
Les critiques étaient pourtant dithyrambiques. Si l'on met de côté Matt Damon (plutôt bon en Marshall psychorigide), la jeune fille (excellente en apprenti-vengeresse) et la personne en charge de la photo (impeccable), True Grit n'est pour moi qu'une coquille vide. Certes, le film n'est pas déplaisant à regarder. Mais le western est proche de l'arnaque. Rarement une intrigue des frères Cohen m'a semblé aussi lointaine et inintéressante. L'absence d'un scénario confine le long-métrage a une succession de paysages, de bivouacs et de cabanes en forêts. Même les relations entre les personnages semblent simplistes. Pas grand chose à se mettre sous la dent.
mardi 22 février 2011
Le Discours d'un roi
Un film impeccable. Une bonne mise en scène, des bons acteurs, un récit intéressant... En bref, un sentiment de travail bien fait. Plutôt rare par les temps qui courent. Je ne boude pas mon plaisir. Le roi bègue subit une série d'humiliations qui provoquent immédiatement l'empathie du spectateur, malgré les imperfections de ce dernier. Des crises de colère et d'orgueil viennent en effet relativiser les effets hagiographiques du film qui aurait pu autrement se transformer en un panégyrique pur et simple de George VI. S'il fallait être un peu tatillon, je dirais que la scène de la première rencontre du roi et de son orthophoniste est un peu longuette. Tout le reste est d'excellente facture.
Halal Police d'Etat
Pour ceux que Eric et Ramzy irritent, Halal Police d'Etat ne risque pas de les faire changer d'opinion. Pour ceux qui sont fascinés par la constance des deux humoristes à perpétuer leur univers débilisant, il y a de quoi passer un bon moment. Quelques gags sont biens sentis. Les temps morts sont finalement assez rares, laissant le film dans une sorte de mouvement perpétuel qui l'empêche de sombrer. Divertissant, avec l'option "anti-morosité" définitivement cochée.
The Hunter
Si on écoute les critiques, The Hunter est un film profond sur l'Iran contemporain. C'est surtout un film trop long et trop calme en deux parties: une première moitié plutôt contemplative dans la ville polluée de Téhéran, assez proche du documentaire d'ambiance, puis une longue incursion dans la forêt froide et humide des montagnes environnantes. On y frôle le ridicule avec un trio quasi grand-guignolesque composé de deux policiers et leur prisonnier. La transition entre ces deux périodes pouvait laisser entrevoir une histoire originale: l'anti-héro embusqué, tire sur des policiers au hasard. On croit un moment à un élément déclencheur dans le récit, mais celui-ci retombe aussi sec. Dommage.
dimanche 20 février 2011
Jewish Connection
Un bon moment de cinéma. Jewish Connection est un film assez complet dans son genre: bien joué, bien mis en scène, bien monté... La communauté filmée (des juifs ultra-orthodoxes de NYC) vaut amplement qu'on lui consacre un film. Le scénario est assez classique mais efficace. On a là un cocktail de situations que l'on a l'habitude de voir au cinéma: des scènes drôles, d'autre plus portées sur l'action, du suspens... Tout y est réparti à doses correctes, constituant in fine un long-métrage de bonne qualité. J'ai pris du plaisir à voir ce film.
jeudi 17 février 2011
Largo Winch II
Ce Largo Winch me semble nettement en dessous de ce qui a été annoncé. Si les acteurs font leur travail, certains plutôt bien d'ailleurs, comme celui qui incarne le majordome de Winch, le metteur en scène signe un film dont la qualité est encore bien loin de ce que l'on trouve à Hollywood. L'intensité dramatique n'est pas maintenue tout le long du film, le scénario est un peu faible, Sharon Stone est ridicule et les scènes d'action gardent encore un parfum de lowtech quoiqu'en disent les critiques. Même si l'on est encore à des années lumières de Jason Bourne, Largo Winch peut tout de même se voir à condition de laisser ses exigences au placard.
dimanche 13 février 2011
Les chemins de la liberté
Rien qui ne vaille vraiment le détour. Peter Weir n'a pas su trouver la consistance que ce film aurait mérité. Les chemins de la liberté ne sont pas les plus courts, et cela se ressent fortement. L'ennui guette le spectateur, qui se fait une raison en re-mesurant mentalement le nombre incroyable de kilomètres parcourus par les personnages. Le réalisateur est sauvé par le label "histoire vraie" tamponné sur son scénario. J'ai de toutes façons des difficultés à apprécier les films de marche à pied.
jeudi 10 février 2011
Black Swan
Portman excelle. Nina, la danseuse qu'elle incarne, réussit tout ce qu'elle entreprend. Mais c'est incroyablement laborieux. Jamais je n'avais ressenti à ce point cette sensation de "réussite à l'usure" au cinéma. Ajouté à cela son corps, qui transpire la frigidité lorsqu'elle se meut, ou encore la crispation dont elle fait preuve dans l'effort: son jeu est effectivement spectaculaire. Elle méritera très certainement l'Oscar qui lui est promis. Pour ce qui est du film, il est construit exclusivement autour de cette danseuse schizophrène qui fusionne littéralement avec le rôle qu'elle doit incarner: la reine de cygnes. C'est un peu ce qui est pénible dans ce genre d'histoire: le spectateur est obligé de subir unes à unes toutes les hallucinations de Nina. Il est en quelques sortes piégé dans son delirium. Les ficelles sont bien connues des scénaristes: on ne sait jamais si la séquence est rêvée ou bien réelle. Quoiqu'il en soit, le réalisateur n'est pas dans l'overdose. Il laisse à chaque instant son personnage principal aller sur des chemins dangereux sans jamais l'abandonner complètement. Et nous livre au final un long-métrage de qualité, avec, côté BO, une valeur sûre et indémodable: le lac des cygnes.
Tron l'héritage
Tron l'héritage, c'est avant tout une esthétique. De ce côté, le film est vraiment réussi. On se croirait revenu aux débuts d'internet, lorsque les sites web à la mode pratiquaient l' "écriture jaune sur fond noir étoilé". Côté BO, les Daft Punk nous ont gratifié de leur savoir-faire maison en sons des "années 80". Mais le synthé finit par être usant à la longue. La faiblesse principale du film est ailleurs. L'histoire est particulièrement inintéressante, et lorsqu'on sort de la sophistication de Matrix, l'univers de Tron relève plus de la ringardise que du revival. On aura beau me répéter qu'il s'agit là d'une oeuvre vintage remasterisée, je continuerais à penser que c'est vieux et sans âme.
dimanche 6 février 2011
Shahada
Voici un petit film allemand dans la plus pure veine de ce que les israéliens pratiquent depuis 20 ans. Un petit peu en dessous de ce que proposent Ethan Fox et ses compatriotes, Shahada est tout de même un bon début. On y dépeint entre autres une fille de Mollah agacée par la tolérance de son père (on nous avait habitué à la situation inverse), un flic qui hésite entre sa femme et sa maîtresse turque clandestine, un couple d'homosexuels en devenir, dont l'un, musulman nigérian, ne s'accommode guère de ce type de sexualité, un avortement sauvage... On comprend rapidement le problème: l'auteur essaye dans un même film fourre-tout d'intégrer l'ensemble des configurations susceptibles d'ébranler l'intolérance de la frange la plus extrême de la population. Ce genre de cinéma attire en général un public déjà sensibilisé à la question: est-il besoin de grossir le trait à ce point? Heureusement, les acteurs sont bon et le montage, impeccable. Un film qui respire la bonne volonté et dont on tolérera les maladresses.
vendredi 4 février 2011
L'Avocat
L'avocat est un petit film assez ordinaire. Divertissant tout au plus. Rien de bien nouveau, un scénario assez convenu, une progression évidente. Les acteurs sont corrects. On pense plus à un téléfilm qu'à un film de cinéma, mais au moins la qualité est acceptable.
jeudi 3 février 2011
Carancho
Le thème traité est intéressant. Des avocats véreux arnaquent les victimes d'accident de voiture (et l'Etat argentin par la même occasion) en faisant jouer les assurances. Les dossiers des catastrophes de la routes sont partagés entre les uns et les autres. Afin de ne pas en rater un, l'idéal est la collusion avec les urgentistes. Le film est noir mais on est loin du rythme effréné dont parle les critiques. Un naturalisme exagéré écrase le scénario, et comme chez Zola, les personnages semblent incapables d'échapper à leur condition. C'est un peu là où le film atteint ses limites: le couple centrale est tout de même formé d'un avocat et d'un médecin! Difficile dans ce cas précis d'adhérer au fatalisme ambiant. Ou alors il aurait fallu en dire plus sur les personnages, afin d'expliquer leurs impasses respectives. A cela s'ajoute une fin ultra-téléphonée (on se croirait presque dans Crash): difficile dans ces conditions d'être réellement happé par l'intrigue.
mardi 1 février 2011
Incendies
Incendies est un très bon film. Un récit étonnant à travers l'histoire récente du Liban. Le scénario ne possède pas seulement une force inouïe. Ce qui est terrible, c'est qu'il est en plus vraisemblable! L'intensité s'accroît à mesure que les minutes s'égrainent, pour faire émerger un final en apothéose: magistral! On peut relever toutefois quelques petites maladresses. Si les acteurs sont excellents, le physique du frère jumeau (châtain) ne correspond pas vraiment à ce que l'on attendrait de ses origines. Et par ailleurs, l'enchaînement des séquences est parfois un peu laborieux. Sa construction aurait pu être un peu mieux soignée. Mais cessons de chipoter: il faut courir voir ce film pendant qu'il est encore temps (et réviser un peu son histoire du Liban au chapitre "relations entre musulmans et chrétiens"). On a vraiment là un exemple de film que le grand public pourrait parfaitement aller voir, apprécier voire adorer, si les média l'y encourageait plus.
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