vendredi 31 décembre 2010

Les émotifs anonymes

Très mignon, amusant et bien joué, Les émotifs anonymes méritent un petit détour. Dans un décors gentiment désuet, deux émotifs tentent de concrétiser leur amour l'un pour l'autre. L'idée de départ est originale et finalement assez puissante pour que la consistance du film soit préservée tout le long. Poelvoorde excelle dans son rôle de patron de PME luttant pour dissimuler sa timidité maladive. On pourra reprocher au scénario quelques redondances d'effets comiques un peu faciles, mais dans l'ensemble le film est plutôt réussi.

mercredi 29 décembre 2010

Mon Beau-père et nous

Une comédie que l'on peut se passer d'aller voir. De quoi esquisser un petit sourire de temps en temps, mais rien de désopilant. Ni bon, ni mauvais, il faut juste aimer le genre et son concept.

mardi 28 décembre 2010

Another year

Le commentaire sera taxé "d'intello" si j'ai le malheur de dire que le film est réussi mais ennuyeux. C'est pourtant ce que j'ai ressenti, peut-être dû au biais que je revendique d'être un fan de Mike Leigh. Another year est une petite comédie humaine extrêmement juste, jouée à merveille, basée sur les échanges entre un couple stable qui fait office de plate-forme centrale dans le récit et ses visiteurs habituels (amis ou famille). Certains viennent pour consulter, d'autre pour se rassurer ou tout simplement se sentir bien. De ce côté, le film est incroyablement bien réussi. Mike Leigh souhaite agir dans la longueur: comme le dit le titre, son unité de temps est l'année. La routine du couple pèse terriblement sur le film, et pour un esprit encore jeune et volatile comme le mien, cela s'assimile parfois à de l'ennui. Le cinéaste semble dire que le défi est précisément d'apprendre à aimer cette routine.

dimanche 19 décembre 2010

Un balcon sur la mer

Un film passable, dans lequel chacun fait son travail, mais où les convictions sont restées à la maison. Le récit est somme toute assez classique, les émotions que ressentent les protagonistes déjà analysées un nombre incalculable de fois dans de précédents long-métrages mieux réussis. Des flash-backs un peu lourds viennent appesantir un scénario déjà bien plan-plan.

De vrais mensonges

Toute petite comédie sans grand intérêt, à peine amusante. Difficile d'entrer dans ce film où les acteurs sont au service d'un scénario qui tient en deux lignes à peine. Chacun à beau se débattre, le résultat n'en laisse pas moins indifférent.

samedi 11 décembre 2010

Les trois prochains jours

J'ai réalisé au bout d'une dizaine de minutes qu'il s'agissait d'un remake de Pour elle. Haggis aurait pu s'affranchir de cette réalisation qui n'est qu'une pâle copie de l'originale. Le film s'étire en longueur, perd en intensité dramatique (pour ne rien gagner en échange), et le couple que forme Russel Crowe avec sa prisonnière de femme n'arrive pas aux chevilles du duo Vincent Lindon/Diane Kruger (qui, déjà,  était simplement bon, et non exceptionnel). On ressent par ailleurs tout le mal qu'a eu Haggis à faire coller l'intrigue à l'urbanisme américain: à Pittsburgh, les rues sont trop grandes, la densité pas assez importante... le scénario se dilue à mesure que les routes s'élargissent. De fait, le scénario original était très bien. Tout ce qui s'en écarte est particulièrement mauvais, c'est dire combien les scénaristes ont fait preuve de créativité dans les trois prochains jours...

Scott Pilgrim vs the World

De l'indépendant américain aux accents très prononcés de jeux vidéos. Des scènes graphiques ou des dessins animés totalement surréalistes sont insérés en permanence dans le cours du film, ce qui lui confère une certaine originalité. Mais le film n'est ni intéressant, ni drôle. Aucune accroche n'est permise dans un scénario décousu à outrance. Je n'adhère pas non plus à l'univers visuel de l'auteur. Dommage car on y sent plein de bonne volonté et les acteurs semblent s'y régaler.

jeudi 9 décembre 2010

We are four Lions

En dehors de la scène finale qui est hilarante, We are 4 Lions offre quelques poilades (isolées) bien senties, mais cède malheureusement trop souvent au grotesque. Le film est plombé par son scénario. Les acteurs sont assez inégaux. Le résultat n'est pas désagréable pour autant.

mardi 7 décembre 2010

Memory lane

Les jeunes ont peut-être 23 ou 25 ans. Ils sont très sages, très calmes. Parfois ils sortent le soir. Tranquillement. Memory lane est un film de spleen sur un groupe social sous représenté dans le cinéma (je reprends là une remarque que j'avais trouvée très juste du Masque): la jeunesse des classes moyennes au sortir de son cycle d'étude supérieur. On est là sur un exercice de style: le film d'atmosphère, dans lequel il ne se passe pas grand chose. C'est un peu l'antithèse de La vie au ranch. Le réalisateur porte sur les personnages un regard existentiel qui devient très vite exaspérant. Mais les acteurs sont très convainquants, voire même attachants. Pour qui n'est pas cinéphile (au sens "intello" du terme), il faut clairement rester à la maison. Pour les autres, ce long-métrage sera l'occasion de pénétrer un univers particuliers, sans jamais tomber dans la nostalgie, dont la description est appuyée par une bande son qui semblerait presque sortie d'un film de Sofia Coppola. Personnellement, je suis partagé entre ces deux appréciations.

dimanche 5 décembre 2010

Machete

Du Tarantino? Non du Rodriguez. Ca y ressemble mais dans le fond cela n'a rien à voir. Machete est un délire hispanique, dont l'action se situe au Texas (on se croirait au Mexique!), et qui, c'est le moins qu'on puisse dire, ne se prend pas au sérieux. Rodriguez dès la première scène déballe tous les codes du films: Machete est un amateur de belles lames et de gros calibres, gagne toujours à la fin, plaît aux femmes et ne connaît pas la modestie. Un savant mélange entre Rambo et OSS117. La distribution est remarquable. Le film oscille en permanence entre action, gore et humour. Un bon moment de cinéma.

samedi 4 décembre 2010

A bout portant

Un film d'action très efficace. L'adjectif "haletant" est utilisé par tous les journaux: je pense qu'il convient effectivement. Certes le scénario est médiocre, mais pour une fois que la partie "action" est vraiment réussie, je ne boude pas mon plaisir. Ce que les américains font avec des voitures, les français l'ont réussi ici ... avec de la course à pied. Le résultat est là: des scènes très réalistes au service d'une dynamique remarquable. Les acteurs sont convainquants. A bout portant mériterait un vrai succès à l'exportation.

Harry Potter et les reliques de la mort - Partie 1

Les critiques que j'ai pu lire dans la presse sont assez justes: Harry Potter est effectivement celui qui joue le plus mal. Dommage! Ceci dit, le film nous donne exactement ce qu'on en attend, ou, dit autrement, il ne manque pas une virgule du livre. Encore dommage car j'aurais bien volontiers coupé dans les (chastes) nuits de camping interminables de Potter et Hermione. Même si celles-ci sont teintées d'angoisse, elles ne s'accommodent guère des scènes d'action qui les entourent. Pas de quoi rouspéter tout de même: le spectacle est au RDV, les acteurs périphériques, recrutés au sein de l'élite shakespearienne anglaise, sont toujours aussi réjouissants. Du bon travail.

jeudi 2 décembre 2010

Monsters

Des monstres géants à tentacules sont confinés tant bien que mal dans une zone au nord du Mexique. Un homme et une femme au physique de Paris Hilton traversent cette région hostile alors que le bon sens commande de ne pas le faire. Les personnes qui les accompagnent se font déchiqueter une par une, tandis que les deux héros continuent leur chemin. Il n'y a donc pas vraiment "d'histoire". Au fond, Monsters est plus un film d'atmosphère, et de ce point de vue il est assez réussi. La photo est belle, les séquences bien filmées et les deux acteurs jouent plutôt bien. Mon impression se résume ainsi: un méli-mélo de tous les derniers films de science-fictions catastrophistes de ces deux dernières années (Avatar pour les tentacules lumineuses, La route et Le livre d'Eli pour la marche à pieds en milieu inhospitalier, ...) placé sous le signe de l'esthétique.

L'homme qui voulait vivre sa vie

Le film est bien dès lors que Romain Duris quitte sa famille et avec, tout l'univers de soupe parisienne qui plombe tellement le cinéma français. On voit alors se développer quelques idées intéressantes, comme ce joli numéro d'équilibriste où l'usurpateur d'identité recherche la notoriété du photographe tout en évitant soigneusement la célébrité qui pourrait le découvrir. Dans l'ensemble, j'ai passé un bon moment.

vendredi 26 novembre 2010

Le Nom des gens

Après les dix premières minutes d'un début assez laborieux et il faut le dire, assez convenu, le nom des gens prend toute la mesure de son propos. La comédie est très réussie, et frappante d'originalité. Encore une fois, il faut vraiment mettre de côté ces dix premières minutes où l'on croit l'auteur parti pour nous refaire un "sous-Amélie Poulain". En fait, pas du tout et au final une très bonne surprise, avec en prime quelques fous rires, beaucoup de sourires et une bonne dose d'intelligence. Un film qui fait du bien, et divertit tout en interrogeant.

mardi 23 novembre 2010

La Famille Jones

Une comédie plutôt réussie, qui interroge avec une certaine finesse sur les rouages du marketing à travers un cas bien particulier, et on l'espère mais sans trop y croire, inventé pour le film: le marketing "furtif". Le réalisateur a su préserver la simplicité du message sans surenchère de gags inutiles comme c'est malheureusement le cas trop souvent dans les comédies actuelles. Bien sûr, l'ensemble reste assez démonstratif (voire parfois caricatural), mais tout cela n'est autre qu'un attribut de la comédie et se confond donc avec le genre.

vendredi 19 novembre 2010

Welcome to the Rileys

Pour une deuxième séance plutôt intello, beaucoup d'ado dans la salle. Il m'a fallut tout un film pour comprendre que l'actrice principale n'était autre que Bella, la petite humaine amoureuse de vampires et autre loups garous dans Twilight... Dans Welcome to the Rileys, rien à voir. Celle fois, Kristen Steward qui visiblement n'en pouvait plus d'étouffer sa sexualité sous la pluie de Seatle, se débride complètement dans les nuits chaudes de la Nouvelle Orléans. Elle tombe sur le gros Gandolfini qui préfère la considérer comme sa fille et l'adopte quasiment avec sa femme. Problème: elle est juste un peu prostituée... Le film est pas mal mais s'essouffle assez vite lorsque commence la reconstitution familiale. La fin semble un peu pâlichone à côté de l'ambition affichée du scénario.

Red

Un petit film d'action tout juste acceptable. Les acteurs ne font pas que feindre la vieillesse. Il se dégage de Red une langueur assez inhabituelle pour ce genre de film. Le scénario est paresseux, mais certaines scènes ne sont pas désagréables. Pas de quoi satisfaire pleinement son monde: "on peut le voir à la rigueur".

Potiche

Une excellente comédie, jouée à merveille par des acteurs qui n'ont plus rien à prouver. Une distribution aussi imposante aurait pu conduire à un film paresseux, comme c'est souvent le cas avec les films français. Point ici. Tout n'est que réjouissance du début jusqu'à la fin. Les personnages sont à croquer. Les décors "années 70" sont réussis à la perfection, les dialogues bien sentis. Un grand moment de détente avec le sourire, qui plus est un long métrage de très bonne facture! Pour moi, ce qui se fait de mieux en matière de comédie ces derniers mois.

Rubber

Cela fait toujours du bien de voir des films originaux dans lesquels les réalisateurs se creusent la tête pour exposer leurs différences. Rubber est de ceux-ci. C'est l'histoire d'un pneu qu'il ne faut pas énerver... Dans le registre de l'absurde, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vu de bon film. Si l'on ne s'encombre pas des détails de sens, il faut bien reconnaître que c'est assez comique. La BO aussi est sympa.

vendredi 12 novembre 2010

Unstoppable

Un bon petit film d'action qui remplit parfaitement son rôle. Tony Scott, qui, tout en travaillant sur une matière moins noble que son papa (on parle quand même d'un vulgaire train de marchandises qui se traîne à 60km) parvient à relever une gageure: créer de l'intensité dramatique. Des travelings, d'innombrables plans en hélico, un petit coup de caméra à l'épaule... On pourrait presque trouver que la Pennsylvanie est belle à Stanton... Le tout est emballé dans un montage efficace, comme quoi il n'est pas toujours nécessaire de s'embarrasser d'un scénario. Du bon boulot.

jeudi 11 novembre 2010

Date limite

A mon sens l'une des comédies les plus lamentables de ces derniers temps. Date limite suscite d'autant plus l'énervement que d'habitude, Downey Jr.  possède un pouvoir comique plutôt fort. Il ne se passe pas une seconde sans que l'on se demande comment il a pu s'égarer dans un scénario aussi nul, assorti de dialogues et de gags aussi affligeants. Mauvais goût prononcé, gags hyper attendus et pas drôles, rien ne pourra sauver ce film.

La Princesse de Montpensier

Le duc d'Anjou est Henri III, frère de Charles IX et futur roi de France. Catherine de Medicis est leur maman et tire les ficelles du pouvoir. Le duc de Guise (Gaspard Ulliel) n'est guère aimé du Duc d'Anjou. Il est l'un des principaux acteurs de la Saint Barthélemy et sera assassiné plus tard dans le château de Blois. La princesse de Montpensier et son mari sont nettement moins connus. Je suis trop paresseux pour vérifier s'ils ont vraiment existé (si des lecteurs avertis de ce blogs détiennent cette information, merci de commenter le commentaire plus bas!). Ceux qui ignorent ces détails historiques seront perdus dès les premières minutes du film. Pour le reste, Bertrant Travernier nous gratifie d'un film de bonne facture à la distribution inégale. Mélanie Thierry est pas mal du tout dans le rôle de la princesse, Ulliel surjoue en Rambo de la Renaissance, Personnaz (que je ne connaissais pas), est impeccable en Henri III (il lui ressemblerait presque), Lambert Wilson est bien, Leprince-Ringuet ne fait pas son rang (il est censé jouer un prince...). Une fois distribués les bons points, la princesse de Montpensier consiste en un récit extrêmement linéaire et méthodique, mais loin d'être désagréable. Le réalisateur se cherche entre un film d'ambiance et un film d'action. Cette hésitation est assez palpable. J'ai pris du plaisir à regarder de long-métrage, toutefois il faut bien reconnaître que ce n'est pas ce que Tavernier a fait de mieux.

dimanche 7 novembre 2010

Des Filles en noir

Pas d'un grand intérêt. Deux adolescentes sont obsédées par le suicide. Leur comportement, tellement caricatural déclenche parfois le rire... On est loin de l'effet recherché! Le film reste trop superficiel pour que l'on ait envie d'entrer dedans. Une bonne note cependant: l'une des actrices est vraiment bien (celle de droite sur la photo). Des filles en noir n'est pas un mauvais film pour autant. Plutôt une histoire qui se cherche. Ou un essai. 

Buried

Ce genre de film-concept me fatigue. Il faut voir Buried comme un exercice de style. Tout y est tellement téléphoné qu'on finit presque par s'ennuyer. Un comble pour un film de suspense. La succession d'événements (franchement, le coup du serpent qui sort de nulle part...!) et de discussions téléphoniques hautement improbables a d'ailleurs fini par m'achever. C'était assez étonnant de voir que la salle était malgré tout remplie de spectateurs attendant après la libération du prisonnier dans son cercueil alors que le concept voulait qu'il y reste... 

samedi 6 novembre 2010

Fair Game

Un thriller bien ficelé, efficace et bien joué. Certes le sujet finit par être banal à la longue (il n'y a qu'à voir le nombre d'articles de ce blog écrits depuis un an sur le sujet), mais après tout c'est plutôt un point positif pour une nation que d'explorer son passé en variant les angles. Cette fois, le spectateur est placé en plein coeur des services de renseignement de la CIA, peu de temps avant que les Etats-Unis ne tentent de forcer le conseil de sécurité des Nations Unis, à grand renfort de mensonges, à intervenir en Irak. Sean Penn joue à la perfection le diplomate à la retraite, à qui on ne la raconte pas, que la haine d'un pays tout entier n'affecte pas tant il méprise l'ignorance de ses concitoyens. Sa femme, agent de la CIA, a été jetée en pâture aux journalistes, perdant ainsi toutes ses couvertures et mettant en danger l'ensemble de ses missions à l'étrangers. Le récit part de cet élément simple et évoque de façon démonstrative les différentes phases de la crise au sein de leur couple, sans jamais tomber dans l'emphase. Fair Game n'essaie pas de sortir de sa catégorie. Il ne faut pas y rechercher de la virtuosité, de l'esthétique, ou autres valeurs en général fort appréciées des cinéphiles. Seulement un film où les faits qui s'enchaînent peuvent symboliser à eux-seuls les travers d'une époque folle où une nation pensait partir en guerre pour dénucléariser un dictateur.

mercredi 3 novembre 2010

Very bad cops

Petite comédie légère, amusante par partie, qui manque globalement de rythme. Quelques bonnes trouvailles renouvellent un peu le genre, mais sans jamais rendre hilare. Very bad cops est un divertissement acceptable, qui fait du bien par les temps qui courent et compte tenu du peu de comédies à l'affiche.

lundi 1 novembre 2010

Vénus noire

Long et éprouvant. Rien ne nous sera épargné des souffrances et des humiliations de la Venus Hottentote. Comme si le metteur en scène voulait à tout prix que le spectateur souffre le même martyr que la pauvre Saartje Baartman. Pas un seul répit, pas de repos non plus, de l'insupportable vers l'insoutenable, le film est une épreuve en soi. Côté caméra, ce n'est pas mieux. De la fébrilité assumée. La première moitié du film est montée avec des plans qui sautent sans arrêt d'un visage à un autre. Seule la partie allant du milieu du front vers la lèvre inférieur entre dans le cadre. Le mal de tête est garanti, et l'on se surprend à rechercher les points noirs des personnages tant le gros plan est exagéré. C'est dommage car le misérabilisme tue une histoire à la base intéressante, dans un contexte historique passionnant. Il me semblait qu'un tel film devait conduire à la réflexion plus qu'à la culpabilité.

samedi 30 octobre 2010

The American

Du George Clonney à deux à l'heure. L'absence de véritable intrigue n'ôte rien au charme de the american. Clonney, un prêtre, une italienne magnifique et une blonde énigmatique déambulent dans les rues embrumées d'un petit village des Abruzzes à la manières des personnages d'un film de Jarmush. Contrairement à ce que pourrait laisser penser l'affiche, on a plus affaire à un film d'atmosphère qu'à un thriller. Le réalisateur prend son temps (1h43, acceptable), soigne la photo et travaille chacun de ses plans. C'est pas mal.

lundi 25 octobre 2010

Tout va bien ! The Kids are all right

Petite comédie sans fausses notes, agréable à regarder. Avec ce genre de film, on guette en général la lourdeur de style qui va mettre en défaut tout le projet. Dans Tout va bien! The Kids are all right, l'erreur n'arrive pas et c'est curieusement ce qui me fait dire que l'ensemble est assez réussi. Même sympathique, cela reste toutefois un tout petit film qui suscite plus les sourires ou les sarcasmes que les fous rires des comédies de haut niveau.

dimanche 24 octobre 2010

Biutiful

Difficile de commenter Biutiful. Un détail frappant: Barcelone ressemblerait presque à un bidonville. La déformation presque exagérée des décors qui nous sont familiers affaiblit à mon avis le récit.  Sinon, après une première moitié laborieuse au niveau du scénario, la seconde partie, remarquable, a su me sortir de la torpeur dans laquelle le train-train crasseux du début m'avait laissé. Le réveil fut progressif, mais efficace. Les événements finissent par s'enchaîner et à l'arrachée,  Inarritu l'emporte avec un long métrage plutôt réussi. Pour le reste, il faut noter que la direction d'acteur est fantastique.

Les Petits mouchoirs

Un bon petit film si l'on en coupe la dernière demi-heure insupportablement lacrymale (je n'avais rarement vu pleurer autant en si peu de temps), et si l'on ôte la bande-son pour trentenaire nostalgique (musique probablement contemporaine mais aux accents 80's assez prononcés). Concentrons-nous sur les deux premières heures des petits mouchoirs. La thèse de Cannet reprend l'idée que les amis d'un groupe n'apparaissent jamais tels qu'ils sont réellement. Pour faire éclater cette vérité, le réalisateur accule les personnages dans des situations de tension extrême afin qu'ils puissent s'apercevoir, en même temps que le spectateur, de leur fragilité. Dit comme cela, cela peut paraître ennuyeux, mais Cannet est suffisamment généreux en scènes de cinéma pour que, parmi toutes les situations proposées, certaines puissent intéresser même les plus réfractaires à ce genre de film. Il y a à boire et à manger, du bon et du moins bon, et pourvu que l'on voie le verre d'eau à moitié plein, les petits mouchoirs sauront plaire au plus grand nombre.

mardi 19 octobre 2010

La vie au ranch

La vie au ranch est filmé sur un mode très intimiste. On assiste à une succession de discussions enflammées entre copains et copines d'une bande de jeunes de 20 ans. Tellement crédible que cela en est incroyable. Il est en effet stupéfiant de constater à quel point les dialogues et la ponctuation sonnent vrai. Un effet rarement égalé au cinéma. L'environnement clos dans lequel se situe la majeure partie du film n'en est pas pour autant négligé, évoquant avec un naturalisme impressionnant les conditions de vie étudiantes à Paris, pour qui ne roule pas sur l'or. Un minimum de moyens pour un maximum de talent.

dimanche 17 octobre 2010

Mange, prie, aime

Je n'ai pas aimé. Mange, prie, aime est une succession de clichés insupportables filmés avec une platitude qui contamine même les vedettes à l'affiche. Peu d'événements à comptabiliser dans ce film, et quand il se passe enfin quelque chose, c'est malheureusement d'une banalité affligeante. Rien de ce qui est apporté au récit ne suscite l'adhésion du spectateur. Et c'est très long.

Elle s'appelait Sarah

J'ai trouvé ce film plutôt agréable à regarder malgré le pathos ambiant et certaines lourdeurs de style. Il y a beaucoup de choses dans ce long métrage. Peut-être trop. On passe en revue les différentes étapes de la déportation, la question du déni, de la culpabilité, le traditionnel "qu'aurais-je fait à leur place?" etc... Mais qu'importe, l'ensemble se tient et reste à mon sens parfaitement acceptable.

Captifs

Dans la même veine que Hostel, le gore en moins, Captifs cultive un cynisme brut qui renvoie à des questions fortes sur le "jusqu'où peut-on aller?". Ceux qui apprécient le genre trouveront le film assez réussi, malgré le scénario téléphoné - on  voit en effet très vite où l'auteur veut en venir. Pour le reste, le montage est efficace, l'intensité dramatique bien rendue et chose exceptionnelle, sans bruitage excessif pour symboliser les effets de surprise!

vendredi 15 octobre 2010

The Social Network

Une première partie difficile à suivre, très dialogues extrêmement rapides censés refléter la précipitation avec laquelle les startups se développent. The Social Network n'est pas inintéressant, et divertit. C'est déjà pas mal. Par moment, le film agace. L'équation "geek=autiste" finit par me fatiguer, et savoir si Zuckerberg, une personne bien réelle, est un génial abrutit, un altruiste malfaisant ou un frustré sexuel m'indiffère royalement. En fait, le film aurait été parfait s'il avait été détaché complètement de la réalité, à la manière de Antitrust qui peignait en 2001 une compagnie de software que l'on pouvait aisément rattacher à Microsoft, ou bien s'il avait collé à la réalité de façon moins "parti pris". La dimension "à charge" contre le PDG de Facebook me semble exagérée compte tenu du peu d'informations dont on dispose à son sujet pour le moment. Pour finir, le monde de la startup y est représenté de façon totalement caricatural, à tel point qu'il se dégage de temps à autre quelques relents malsains de populisme, laissant à entendre que des milliard de dollards sont placés entre les mains d'irresponsables.

dimanche 10 octobre 2010

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Woody Allen n'a pas forcé son talent. Le film est loin d'être désagréable, mais il ne fait que "passer". J'aurai tout oublié demain. Les états d'âmes des uns et des autres sont passés au peigne fin. C'est plutôt bien fait mais suffisamment répétitif chez Allen pour que l'on en exige plus à ce stade. Ce film risque de se confondre avec beaucoup d'autres.

Kaboom

Arakis, toujours aussi déjanté, signe là un petit film très réjouissant. Dans une esthétique hésitant en permanence entre les photos de la Terre vue de Ciel et la blancheur immaculée du film de Lucas, THX 1138, le scénario emballe pêle-mêle tous les codes du réalisateur (ados, sexualité ambivalente, dialogues décapant...) et se permet en plus d'en rajouter avec des scènes fantastiques, volontairement low tech. Ridicules à souhait, mais surtout la garantie que le réalisateur ne se prend pas au sérieux. Pour ceux qui pensent que le cinéma d'aujourd'hui est trop convenu, il y a Kaboom.

mercredi 6 octobre 2010

Trop loin pour toi

Une comédie romantique noyée dans l'eau de rose, totalement inintéressante, et sans aucun scénario. On peut éventuellement y rire une fois, sur un gag à répétition qui exploite la mauvaise isolation sonore des murs entre les chambres des protagonistes...

vendredi 1 octobre 2010

Un Homme qui crie

Une immersion totale dans la ville de Ndjamena. Je l'avoue, Un Homme qui crie est mon premier film tchadien. Intéressant pour beaucoup de raisons: chronologie des événements de la guerre civile au Tchad que nous avions vécus fin 2007 par le prisme de l'affaire de "l'Arche de Zoe", des indices sur l'évolution de l'Afrique des années 2000 (en particulier l'arrivée des chinois dans les affaires - la première fois que je vois cela dans un film africain), et un bon coup de caméra pour ce qui est de filmer la capitale et ses environs (le "bush africain"). Pour le reste, il faut reconnaître que le film reste assez contemplatif et, en ce qui me concerne, ennuyeux... Malgré tout, j'en garde de belles images.

jeudi 30 septembre 2010

Simon Werner a disparu...

C'est vrai, il y a un peu de Elephant dans Simon Werner a disparu... On aurait remplacé La Lettre à Elise par des riffs de Sonic Youth. Si le film est moins dense que son grand frère de Colombine, il n'en reste pas moins intéressant. Et pour ceux qui étaient au lycée en 1992... Cela rappellera des souvenirs. Des gros efforts de sophistication caractérisent l'atmosphère, l'image, le son et même le scénario. Ce dernier est découpé intelligemment, présentant des points de vue différents d'une même scène selon les protagonistes. Au passage, on remarquera combien la structure d'un scénario se trouve modifiée sans téléphone portable ni internet! Les acteurs en revanche, des adolescents bien représentatifs de leur génération, sont un petit peu en dessous, montrant une fâcheuse tendance à avaler les fins de leurs phrases. Toujours ces problèmes de diction... Un bon film à partir d'un fait divers assez banal.

Des Hommes et des Dieux

La vie quotidienne des moines de Tibhirine avant leur massacre. Michael Lonsdale est époustouflant, les autres ne sont pas mal non plus. Avant toute chose, il est bon signaler que Des hommes et des Dieux est un film particulièrement agréable à regarder. Tout est fait pour que le plaisir des sens soit assuré du début jusqu'à la fin. Les paysages sont magnifiques, l'image est travaillée à l'extrême avec un maximum de prises de vues effectuées au petit matin (l'avantage avec les moines, c'est qu'ils se lèvent tôt), et donc la plus belle lumière qui soit. Et compte tenu du battage médiatique autour de ce film, cela devient presque un cliché de le dire: le silence n'est pas ressenti comme tel. C'est probablement cette puissance indescriptible qui attire les gens en masse dans les salles. Etant rapidement irrité par les films trop calmes, j'aurais dû pester au bout de 5 minutes. Il n'en fut rien, et pour moi, cela ressemble à un exploit. Pour le reste, Des hommes et des Dieux n'est pas un film qui se raconte. Il faut tout simplement aller le voir, et dans une salle de cinéma, sans attendre de regarder le DVD dans son home video. Il saura trop tard alors.

mardi 28 septembre 2010

Hors-la-loi

Hors-la-loi démarre très vite sur le massacre de Setif (des milliers de morts - personne n'est encore en mesure de dire combien, la valeur supérieure annoncée s'élevant à 40 000 tués). Le décors est posé et la polémique peut commencer. Tout le reste du film est consacré au terrorisme du FLN qui frappe la France de l'après-guerre. Sans le dire vraiment, certains voient les choses comme cela: un gamin de banlieue, nourrit au manichéisme des blockbusters américains aura tôt fait de connecter les causes aux conséquences, justifier ces dernières et renier le drapeau français pour mieux s'adonner au communitarisme. Par les temps qui courent et avec toutes ces discussions interminables sur les problèmes d'identité nationale, beaucoup auraient aimé se passer de cette brique supplémentaire apportée au débat. Certes, Bouchareb manque de subtilité sur le plan historique. Mais c'est pour mieux se concentrer sur les 3 frères terroristes, leur implantation en France et les mécanismes qui régissent leur cellule familiale. Pour faire un film de cinéma. On y voit de l'action, de l'émotion, des scènes plus philosophiques... Aucune place pour l'ennui. Malheureusement, le montage est plutôt mal ficelé, et l'intensité dramatique en pâtit furieusement. Il est finalement assez difficile de rester connecté au film malgré les efforts des acteurs qui semblent s'impliquer avec leurs tripes. Du pathos, quelques scènes filmée maladroitement, l'ensemble est un peu décevant mais se laisse tout de même regarder.
P.S. : je viens de lire la critique de Télérama qui me rappelle un élément d'importance que je m'empresse d'ajouter. Une idée fort intéressante imprègne le film: les combattants/terroristes du FLN voyaient leur rôle en France comme celui des résistants à l'occupant nazi. Cette lumière qui pour moi était assez inhabituelle, conduit à penser autrement le drame algérien.

dimanche 19 septembre 2010

The Town

Un film d'action qui tient la distance. Tout y est correct: le scénario est efficace, les acteurs font leur travail proprement, la photo est bonne. Rien que du très classique, mais réalisé très professionnellement avec tous les ingrédients que l'on est en droit d'attendre de ce genre de film. L'idéal pour un soir de semaine en rentrant du boulot.

samedi 18 septembre 2010

Benda Bilili !

Un documentaire formidable sur un groupe de musicien handicapés et vivant dans la rue à Kinshasa, le "Staff Benda Bilili", qui se démène pour faire reconnaître sa musique. Le plus incroyable dans cette histoire (je vends la mèche volontairement pour motiver les plus réfractaires à tout ce qui n'est pas fiction), c'est qu'elle se termine remarquablement bien. Rare lorsque l'on traite de l'Afrique! C'est absolument fascinant de suivre le groupe et ses malheurs quotidiens de 2005 à 2009. Il s'agit là d'un pari fou de la part des réalisateurs. La probabilité était extrêmement forte de ne faire qu'un documentaire de plus sur des personnes matées par les éléments hostiles de leur société. D'ailleurs, pour être franc, lorsqu'on rencontre le Staff pour la première fois en 2005, on a déjà tout de suite le sentiment que leur projet va capoter. Benda Bilili se regarde comme un film dont la deuxième partie semble être en accéléré tellement les événements se bousculent. Super.

mardi 7 septembre 2010

American trip

Une comédie ni bonne ni mauvaise,  souvent lourdingue, contenant malgré tout un ou deux passages drôles. Les intermèdes musicaux sont pénibles à la longue. Pas grand chose à en dire.

mardi 31 août 2010

Un Poison violent

Encore un film français sans grand intérêt. L'histoire d'une adolescente de 14 ans qui hésite entre se laisser envahir par la religion et ses hormones. Elle n'est pas la seule dans ce cas, le prêtre du village en pince pour sa mère. On s'ennuie moins que dans un film contemplatif chinois mais ce n'est pas l'extase pour autant. A noter tout de même une magnifique reprise de Radiohead version chorale de la maîtrise (générique de fin).

dimanche 29 août 2010

Copacabana

Une mère souhaite reconnecter avec sa fille par une dernière tentative d'insertion professionnelle. Leur relation est intéressante, et pleine de justesse. Chacune opposant à l'autre des arguments parfaitement recevables dans les deux cas. Les dialogues s'inscrivent assez bien dans l'époque actuelle. Ce n'est pas le grand film annoncé par les critiques cependant. Le scénario est très français au sens le plus convenu du terme, Hupert joue à nouveau une névrosée, et l'atmosphère y est déprimante, comme une anti-pub pour le Pas-de-Calais et la Belgique.

samedi 28 août 2010

Ondine

J'ai éprouvé un immense plaisir à regarder Ondine. Amusant, touchant, extrêmement juste... Les acteurs sont très bons, même les seconds rôles et Farrel signe là l'une de ses meilleures prestations. L'atmosphère du petit village de pêcheurs irlandais est remarquablement bien rendue. Les petits délices: les dialogues savoureux entre Farrel et le curé, les envolées lyriques de sa fille en fauteuil roulant, les pêches miraculeuses... Mon coup de cœur du moment.