lundi 28 mars 2011

Fighter

Un homme qui s'en sort grâce à la boxe et malgré un environnement dans lequel Einstein lui-même ne serait pas parvenu à apprendre la règle de 3. Bale et Wahlberg, deux frères dans le film, sont impeccables au beau milieu de tous ces dégénérés. La détermination discrète, la sobriété et la gentillesse de l'un contrastent avec l'exubérance, l'imposture et la violence de l'autre. Un vrai bon film de cinéma.

vendredi 25 mars 2011

L'agence

Un film de SF assez réussi où les destinées des protagonistes s'entremêlent grâce à la préméditation d'une institution secrète dont les membres sont nécessairement couverts d'un chapeau ou d'une casquette. Tout cela est bien étrange mais donne lieu à une intrigue plutôt bien construite. Les personnages sont attachants, et le film n'en rajoute pas. Pas mal.

We want sex equality !

Une petite comédie britannique vraiment sympathique. C'est drôle, enjoué et cela pourrait même être assez pédagogique. Difficile de croire en effet qu'il y a seulement quarante ans, les différences salariales entre les deux sexes étaient à ce point scandaleuses. Une petite remise à niveau en histoire contemporaine s'impose donc pour les plus jeunes et probablement un petit peu de gêne pour les plus anciens qui s'étaient laissés enfermer dans la pensée commune misogyne de l'époque. Bref, We want sex equality remet tout cela d'aplomb avec une énergie plutôt communicative.

L'Assaut

Le mauvais film par excellence. Tournée dans une couleur marron/kaki/grise (en fait je ne saurais dire) vraiment laide, L'assaut se veut un film d'auteur sur un évènement que tout le monde avait vu en direct sur LCI à l'époque. Les acteurs sont mauvais et surtout peu crédibles. La femme du protagoniste nous apporte même la petite touche mièvre, un peu comme la cerise sur un gâteau déjà immangeable, celle-ci ne manquant pas une occasion de pleurer ou de gémir quand tout va bien. Alors quand tout va mal... Le scénario est mauvais et ne justifie en rien les mouvements intempestifs de caméra à la Blair Witch Project. J'étais à la limite de quitter la salle tellement l'ensemble était insupportable de prétention.

Never let me go

Un film magnifique, interprété avec brillo par trois jeunes acteurs de talent. Malgré le nombre incroyable de scénarii que peut offrir la bioéthique, force est de constater qu'un seul reste vraiment dans les mémoires: Gattaca. Il aura donc fallu attendre 13 ans pour qu'un cinéaste s'empare à nouveau de la génomique pour enfin pondre un nouveau chef d'oeuvre. L'attente valait le coup: on a là le film le plus lowtech de toute une génération de film de SF, et pourtant l'un des meilleurs. Tout en finesse, Never let me go aborde brillamment un sujet assez nouveau dans le cinéma: la résignation totale, ininterrompue et permanente. Les trois personnages acceptent leur terrible destinée sans jamais qu'une discussion ait lieu sur le bien-fondé de ce qui les attend. Encore plus étonnant, le lavage de cerveau qu'ils ont subit n'est pas le fruit d'un vicieux travail psychologique, il est au contraire complètement naturel. Ce qu'ils vont devenir est "bien", toute la société le pense, à tel point qu'il ne leur viendrait pas à l'esprit de le remettre en cause. Beau, fascinant et monstrueux à la fois.

dimanche 6 mars 2011

Les Femmes du 6e étage

Un bonheur de comédie. Tout y est réjouissant: les acteurs sont impeccables et la bonne humeur des espagnoles du sixième est pour le coup très communicative. Aucune scène inutile ne vient polluer le scénario, comme c'est malheureusement tellement souvent le cas dans ce genre de film. La comédie revient à son meilleur niveau: Potiche, Le nom des gens et maintenant Les Femmes du 6ème étage. Les ressorts comiques sont tous là, mais le trait n'est jamais grossier. On est plus dans le registre de la jubilation que de l'humour potache. Un film comme celui-ci est rassembleur et apolitique. Il serait dommage de le manquer.

samedi 5 mars 2011

Sans identité

Un petit thriller qui se laisse regarder. Rien de bien exceptionnel, et beaucoup d'invraisemblances criantes dont on fera abstraction pour bien profiter du film. Je regrette que Bruno Ganz n'ait qu'un petit rôle car son apparition métamorphose le film qui souffre d'une interprétation au rabais de la part des comédiens. Ganz joue dans une autre cour et l'on pourrait presque reprocher au producteur une faute professionnelle en l'employant si peu.

Winter's bone

Du très bon cinéma indépendant américain. S'il venait l'idée à quelqu'un de passer ses vacances dans le Missouri, Winter's bone se chargerait de l'en dissuader. L'atmosphère du film est terrible. Le froid et l'humidité transpire à travers l'écran, la grisaille y a établit une résidence permanente, et même la forêt est déprimante. Les maisons ne sont rien d'autre que des taudis. La jeune Ree, 17 ans, recherche son père dont la liberté sous caution implique l'hypothèque de la maison familiale. C'est elle qui s'occupe de son frère, de sa soeur et de sa mère impotente. On découvre progressivement que la vallée boisée dans laquelle sont disséminées toutes les habitations est en fait habitée par une grande famille et ses pièces rapportées. Tous les codes de la misère sont là: délinquance, alcoolisme, drogue, violence, dégénérescence des personnages... Le récit est articulé autour d'une histoire de vendetta dans un climat étouffant d'omerta. Mais c'est surtout ce que donne à voir le film qui interpelle:  un concentré de tout ce qui ne va pas lorsqu'une société n'offre pas au plus faibles les moyens de se redresser. Pour Ree, toutes les options sont mauvaises. Sa vie se résume à choisir les moins pires. Ce qui rend Winter's bone fascinant pour un habitant de la vieille Europe, c'est le sentiment qu'en se promenant dans les campagnes américaines, ce genre d'endroit est finalement assez facile à trouver.