Le western se déroule en Australie. Les personnages sont assez réussis individuellement: crasseux à souhait, suant à grosses gouttes sous la chaleur écrasante. La photographie est très soignée. Le plaisir des yeux est incontestablement assuré par John Hillcoat. Mais la sauce ne prend pas. Difficile de s'intégrer à ce récit en tant que spectateur. Quelles sont les motivations de chacun? Les objectifs du cinéaste? Par ailleurs, les poèmes récités en voix off en même temps qu'une bande son désagréable sont d'une lourdeur pesante. L'aspect "art et essai" appliqué au genre du western n'est pas une mauvaise idée en soi, mais dans le cas de the proposition, il me semble que l'on frôle la prétention artistique.
mercredi 30 décembre 2009
lundi 28 décembre 2009
Tetro
La mise en scène est incontestablement brillante. Il y a dans Tetro un plaisir de regarder assez rare. Chaque scène est pensée dans les moindres détails, à un point tel qu'on reste frustré de ne pas pouvoir mettre sur pause de temps en temps pour digérer tous les détails (visuels, symboliques, scénaristiques etc...). Malheureusement, Coppola impressionne par sa dextérité, mais ne convainc pas. Cette succession de scènes aussi parfaites les unes que les autres n'engendre en rien un film. J'ai la sensation d'avoir suivi le cours parfait d'un professeur de cinéma à la classe internationale. Ensuite, mais c'est plus personnel, je suis assez peiné de voir un acteur (Vincent Gallo) pratiquer dans une production américaine le format de jeu tellement pédant et fatiguant des acteurs parisiens.
mercredi 23 décembre 2009
Qu'un seul tienne et les autres suivront
Très bon premier film. Trois histoires sont contées en parallèles, ayant toutes comme dénominateur commun les visites au parloir d'une prison. Les acteurs sont excellents, l'intrigue bien amenée. Au final, cela donne un film assez dense où l'auteur traite, sans se poser de question (l'insouciance des débuts!) des sujets très différents. Assez incroyable. De quoi se réconcilier avec le petit cinoche français. Parfait pour ceux qui souhaitent sortir de la dictature des blockbusters (dans mes premiers posts, je parlais de film PAC). Et peut-être la naissance d'une virtuose: Léa Fehner.
Avatar
avant: critiques plutôt correctes. La bande annonce vend assez mal le film à mon avis, laissant filtrer une impression général de laideur.
après: du grand spectacle! Et contrairement à la bande annonce, l'univers visuel d'Avatar est d'une beauté rarement égalée dans un film synthétique. L'auteur assume un scénario somme toute assez classique et affiche haut et fort son intention de créer un show empruntant leurs ambiances aussi bien aux Terminators qu'aux dessins animés de Myasaki. Un grand Ushuaïa à la puissance dix, et pour ceux qui n'auraient pas encore réalisé que l'environnement est au coeur du processus cinématographique de Cameron, la musique est bien là pour nous le rappeler: à chaque instant, on se demande si Nicolat Hulot ne va pas débarquer en hélicoptère pour survoler un troupeau de hyènes pandoriennes et nous expliquer dans la friture de son micro qu'elles sont en voie de disparition, que l'écosystème est en danger (il aurait raison). Malgré tout, ce qui pourrait s'apparenter à une lourdeur de style passe avec une légèreté surprenante. Avatar est incontestablement un film à voir!
Un seul conseil: oublier les délires marketing de la 3D et les lunettes de guignol qui lessivent les couleurs comme l'auraient fait toutes les poudres lavantes classiques, c'est-à-dire autres que Mir Couleur. C'est le second film que je regarde en 3D: dans Scrooge, quelques flocons de neige sortaient vaguement de l'écran, dans Avatar on a parfois la sensation de toucher quelques branches d'arbres (avec un peu d'imagination). La belle affaire...
Un seul conseil: oublier les délires marketing de la 3D et les lunettes de guignol qui lessivent les couleurs comme l'auraient fait toutes les poudres lavantes classiques, c'est-à-dire autres que Mir Couleur. C'est le second film que je regarde en 3D: dans Scrooge, quelques flocons de neige sortaient vaguement de l'écran, dans Avatar on a parfois la sensation de toucher quelques branches d'arbres (avec un peu d'imagination). La belle affaire...
mercredi 16 décembre 2009
En toute honnêteté, je m'attendais à un navet. J'ai été agréablement surpris par ce film qui ne perd pas de temps et montre de façon extrêmement didactique les rouages de l'abus de bien social en politique. Les deux personnages principaux joués par Cornillac et Clavier sont tous deux bien intentionnés, mais finissent malgré tout par s'opposer sans que le spectateur ait la moindre envie de prendre partie. En ce sens, c'est plutôt réussi. Jusqu'ici, j'avais l'impression que les mécanismes politiques ne pouvaient pas bénéficier d'une analyse intelligente dans les films grand public. Je trouvais mon compte dans des films petits publics exaspérément germano-pratins, comme dans "Le Candidat" avec Attal. L'analyse intelligente de François Favrat dans "La sainte Victoire" montre que l'on peut sensibiliser le grand public à des sujets délicats sans tomber dans la binarité stupide qui caractérise souvent ce genre de film.
samedi 12 décembre 2009
Mensch
Mensch est un film au casting formidable. Les acteurs sont tous incroyables, les premiers comme les seconds rôles. On assiste à l'antithèse de rapt (critiqué plus bas): des supers acteurs dans un film sans rythme et sans saveur. Le scénario est assez attendu. Le Monde a bien résumé l'ensemble: "un film sans conviction", finalement à l'image de son affiche...
mardi 8 décembre 2009
The limits of control
avant: critiques plutôt élogieuses
après: il faut tenir les deux heures et c'est dure... Les plans sont magnifiques et d'une densité incroyable. Rien à dire à ce sujet. Mais l'absence totale de récit non seulement agace mais provoque l'ennui à un point que l'on imagine même pas. Le héros, un tueur, reproduit les mêmes gestes à chaque séquence: il s'assoit à une terrasse de café, commande deux expressos dans deux tasses différentes en attendant qu'un personne, en général au comportement insolite, vienne s'assoir à ses côtés. Quelques bribes de dialogue si tout va bien, et le reste du temps il pratique du tai chi chuan ou se fait filmer couché en regardant le plafond.
Un projet artistique à diffuser éventuellement au centre Pompidou aux côtés des oeuvres de Jean Cocteau!
Le drôle de Noël de Scrooge
Un blockbuster en 3D de bonne facture mais assez peu intéressant. Curieux, je me rappelle que le texte de Dickens m'avait bien plu pourtant... Ici, la 3D n'apporte pas grand chose, si ce n'est pour faire tomber les flocons de neige dans la salle de projection. Pourquoi pas. Pour le reste, l'intensité dramatique est quasiment nulle: les nombreuses péripéties (peu amusantes) de Jim Carrey laissent le spectateur assez indifférent. Etonnant résultat.
La route
Encore un film particulièrement long. Un père et son fils marchent le ventre vide pendant presque deux heures dans un paysage de cendres, au son des arbres qui cassent ou se déracinent, on ne sait pas trop pourquoi. L'angoisse permanente règne sur le film et empêche le spectateur de s'endormir: il faut éviter les méchants cannibales, trouver des miettes de nourriture pour survivre et rester bien au chaud. A cela s'ajoute la crasse, tellement omniprésente qu'elle diffuse à travers l'écran. On se vérifie les ongles en sortant du ciné. Le contexte, bien en place donc, ne sert finalement qu'à laisser Viggo Mortensen gémir tout le long du film en insérant de temps en temps quelques flashback mélodramatique de sa femme en pleine crise de suicide. Fatigant.
mardi 1 décembre 2009
dimanche 29 novembre 2009
Le vilain
Dupontel est le vilain. Certaines scènes sont hilarantes (ça n'engage que moi!). On a affaire ici à un petit film sans prétention plutôt réussi malgré quelques lourdeurs scénaristiques. Catherine Frot, avec ses cheveux grisonnants et son maquillage low cost est un bien curieux choix d'actrice principale. Dans ce film, on ne fait passer aucun message. Et du reste, l'esthétique y est totalement absente. Mais Le vilain reste assez efficace sur le plan du rire, et si l'on ne se fatigue pas des frasques de Dupontel, au final cela reste un bon divertissement.
rapt
L'intensité dramatique est cultivé avec soin. Le scénario explore brillamment les comportements et les intrigues de toutes les parties face à l'enlèvement d'un capitaine d'entreprise. On pourrait se déclarer fatigué de regarder des films de kidnapping, mais rapt surpasse à mon avis la plupart des autres par la finesse son scénario. Toutefois, Lucas Belvaux ne signe pas pour autant un chef d'oeuvre. La faute, probablement à son directeur de casting, dont on pourrait presque croire qu'il a cherché à saboté le film tellement les acteurs qu'il a aligné autour de Attal et Consigny (très bien tous les deux) sont mauvais. C'en était presque atterrant! Pour finir, l'attitude du personnage que joue Attal dans la dernière phase de l'histoire est assez étonnante. Je ne suis pas sûr qu'elle soit bien cohérente avec tout ce qu'il est censé avoir enduré. Mais ce dernier commentaire, pour être développé, nécessiterait de révéler la fin... chhhhut!
vendredi 27 novembre 2009
Vincere
avant: des critiques dithyrambiques, sortie unanimement saluée par la presse.
après: le film est de bonne facture, la mise en scène est impeccable et les acteurs sont effectivement très bons. Pour le reste, il faut aimer le sujet: après avoir eu une aventure de quelques années avec Mussolini, Clara et son fils sont littéralement ignorés par le Duce. Elle s'obstine à essayer de le récupérer; il essaye plutôt d'étouffer l'affaire. Elle finit par se faire enfermer dans un asile, jamais ne renoncera et finira par en mourir. N'étant pas amateur de ce genre d'histoire, j'ai eu un peu de mal à apprécier la qualité cinématographique de Vincere. Toutefois, force est de reconnaître que Bellocchio a signé là une oeuvre assez poignante.
jeudi 26 novembre 2009
2012
Un mauvais blockbuster, long et ennuyeux, que les effets spéciaux ne parviennent même pas à sauver tant ils sont laids. Aucune intensité dramatique: le comble pour un film de ce genre!! Probablement écrit par des scénaristes un lendemain de fête, ou lors d'une dépression sentimentale.
micmacs à tire-larigot
Le film, qui manque cruellement de rythme, compense par une succession de petites scènes sur fond de mécanique délicieusement rétro, pleines d'inventivité à la Jeunet, et par la grande sympathie se dégage des personnages (des bons acteurs que l'on connaît tous, visiblement pas mécontents de se retrouver là). Le scénario cul cul la praline n'aide certes pas les acteurs, mais l'ensemble se regarde sans problème si on laisse ses exigences à la maison. "Sympathique" serait le mot qui conviendrait le mieux pour décrire ce long métrage.
mardi 24 novembre 2009
avant: sélection officielle à Canne. Télérama, Le Monde, ils ont adoré.
après: pénible, long, TRES long, ... Une camionnette traverse Manille pendant plus d'un quart d'heure, la caméra ne fait rien d'autre que filmer les visages des passagers sans aucune lumière, et c'est absolument insupportable. Il paraît que les regards des personnages sont intéressants... ah bon? Et après 1h50 de torture chinoise (aux Philippines), on a finalement assisté à un viol, un meurtre, un dépeçage et un long, TRES long trajet en camionnette.
samedi 21 novembre 2009
twilight 2
Si d'aucuns se demandent encore de quoi est constitué le vide, ce chapitre 2 intitulé "tentation" apportera certainement quelques éléments de réponses... Quand bien même les 2h10 de film seraient concentrés en 5 minutes, on continuerait sans doute à s'ennuyer mortellement, c'est dire... Je n'ai rien de positif à écrire sur ce film.
In the loop
Des ministres et leurs conseillers cohabitent dans un microcosme malsain au point d'en devenir comique à l'extrême. Les dialogues hilarants - des suites de vannes bourrées d'insultes toujours bien colorées et souvent vulgaires - sont portés par des situations humoristiques ultra efficaces. J'ai passé un excellent moment, même si avec du recul, je me vois mal enchaîner 3 films de ce genre en une semaine: la rareté est ici une valeur ajoutée non négligeable!
mardi 17 novembre 2009
L'imaginarium du docteur Parnassius
Le film est particulièrement décousu. On pourrait trouver cela normal connaissant Terry Guilliam et le genre dans lequel il excelle. Mais ici, je doute que ce soit voulu... L'Imaginarium... se laisse regarder sans problème et les acteurs sont plutôt en forme (pour ceux qui ont joué jusqu'au bout...). Toutefois, la copie rendue reste assez sale et brouillonne. L'imaginaire du fameux docteur ne fait pas spécialement rêver, et la plateforme principale des acteurs (une roulotte à étages), tout originale qu'elle soit, me semble trop réduite pour que des acteurs de la trempe de Heath Ledger puisse laisser vraiment libre cours à leur expansivité. Pourquoi pas au théâtre??
Away we go
Petit film intéressant et bien agréable à regarder. Un couple trentenaire passe avec succès le stade de la conception, et entreprend ce qui deviendra une sorte de tournée nord américaine de couples amis/parents. Les couples visités apparaissent comme des vitrines au travers desquelles les protagonistes recherchent leur propre identité familiale. Malheureusement, certaines familles tombent dans la caricature, et Sam Mendes, l'auteur, ne peut s'empêcher les habituelles petites touches moralisantes: trop de bonheur peut cacher un gros malheur et vice versa... Ah bon? Ceci étant, Away we go fait partie des bon films de la semaine.
The box
L'idée de départ, intéressante, est habillée par un décors délicieusement rétro des happy days et portée par un couple d'acteurs bien appliqués. Le problème survient lorsque le spectateur comprends que toute la mécanique du film, axée et formatée autour d'une sorte de théorie du complot (NASA, FBI,...) progressivement démêlée par les deux protagonistes, n'est en fait qu'une diversion pour lancer un film fantastique creux au possible (deuxième moitié du film), et truffé de réflexions philosophiques qui, personnellement, me dépassent largement. Le résultat est décevant.
Les vies privées de Pippa Lee
Un film mou et ennuyeux sur une femme qui ne présente pas d'autre intérêt cinématographique que d'être aimable et probablement sincère avec tout le monde. A cheval entre un film contemplatif et un film de caractère, le résultat manque royalement de substance, pour ne pas parler de platitude...
Lucky Luke
Une gallerie de personnages qui se superposent, campés par des acteurs qui n'y croient pas une seule seconde. Il n'y a pas d'histoire, les scènes ne sont pas drôles, quel que soit le degré d'humour affiché. Je trouve ce film affligeant. J'éprouve même une certaine honte à l'idée que le cinéma français puisse s'identifier à ce genre de production.
jeudi 5 novembre 2009
Jennifers's body
Le film est efficace et dans l'ensemble assez bien ficelé. On y retrouve tous les classiques du genre, ni plus, ni moins. La jeune fille de l'affiche doit dévorer des corps humains pour survivre. Le réalisateur a le bon goût de ne pas tomber dans les mièvreries habituelles destinées aux adolescents et aux adulescents. Il se concentre sur ses deux personnages principaux (deux ou trois, selon appréciation), sans philosophie de trottoir.
White out
La critique était médiocre et pour cause. Le film mise tout sur son décors de neige artificielle, qui devient fatiguant à la longue. Le scénario est par ailleurs inexistant: il ne reste plus grand chose.
dimanche 1 novembre 2009
this is it
Mon regard sera probablement un peu biaisé: j'ai vu le film dans une salle réactive, qui applaudissait à chaque tube! MJ est en grande forme! Curieux d'ailleurs, lorsqu'on sait qu'il décède le surlendemain... Sa voix n'est pas toujours au RDV (en particulier lorsqu'il s'énerve dans "what about us"), mais question danse, le spectacle est comme toujours époustouflant! Personnellement, j'ai passé un bon moment.
Clones
Petit blockbuster sans prétention, au scénario (très) paresseux. Quelques relents de iRobot. Le film reste assez divertissant. L'idée ultra-simpliste et totalement irréaliste d'un point de vue philosophique, d'affecter un clone pour chaque individu, aurait toutefois gagnée à être creusée un tantinet, afin que le film puisse être au moins qualifié de "bon blockbuster". Pour finir, le terme de clone me semble moins approprié que celui, beaucoup plus évocateur, qui est utilisé en anglais: surrogate. Je précise donc pour les plus scientifiques qu'il n'est absolument pas question ici de génomique: les clones sont des machines, ce qui confère au film un petit côté has been des années 80 et le lave de toutes les craintes que doit susciter à mon sens un bon film de SF (qui se sent inquiété par un clone-robot alors que son petit frère biologique semble tellement plus proche de nous et sujet à la déviance?).
Le ruban blanc
avant: palme d'or, très bonnes critiques.
après: la première demi-heure est assez longue, puis le récit se met en place de façon extrêmement précise. L'intensité dramatique augmente sans relâche, l'intrigue se complexifie pour atteindre son apothéose... au générique final. Quelle frustration! Après réflexion, il s'agissait uniquement d'analyser les comportements intériorisés des habitants d'un village conçu par le réalisateur comme un laboratoire. C'est vrai, quel est donc l'intérêt de préciser la fin si les spectateurs manifestement visés sont ceux que l'on peux voir en train de lire Hegel ou Kant en attendant leur bus? Dommage.
dimanche 25 octobre 2009
sin nombre
avant: BTS & prix du jury à Deauville
après: petite déception. Les deux acteurs sont plutôt convainquant, mais le montage reste très moyen. Ce qui donne un film assez fade, adossé à un gros téléphone fluorescent en guise de scénario. Le réalisateur ne parvient pas à trouver un angle pour son récit, hésitant entre un film aux traits grossiers sur l'émigration et une parodie de "la cité de Dieu" pour décrire les mara. Des pancartes signalétiques qui s'ajoutent à quelques doutes sur la crédibilité de certaines scènes. Par exemple, les protagonistes traversent le Rio Grande en plein jour, tel une petite nage tranquille, avec pour unique préoccupation de ne pas mouiller leurs affaires contenues dans un sac poubelle... Toujours est-il que ce film constitue un bon complément du précédent "Vida Loca" sur l'univers des gangs en Amérique latine.
mercredi 21 octobre 2009
Qu'est-ce que la consommation corrigée du climat?
Dans un article précédent, j'ai fait référence à un document de synthèse produit par le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer sur l'électricité en France en 2008 (ici en pdf). Tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'énergie le parcourent tous les ans pour connaître l'évolution de la situation. Il y est fait mention de "données corrigées du climat".
Intuitivement, tout le monde comprend à peu près de quoi il relève. Les années où les hivers sont rudes étant plus gourmandes en électricité que les autres, il est nécessaire de décorréler les données du climat pour dégager des tendances d'une année sur l'autre, au lieu de la simple matérialisation d'une baisse ou d'une hausse de la température annuelle. Je me suis posé la question de la méthode utilisée pour rendre les conditions climatiques "normales" (le physicien dirait qu'il norme ou normalise les données): comment s'y prend-t-on pour calculer la consommation corrigée du climat?
constitués par l'écart journalier entre la température observée et 17°. Cela ne marche que dans un seul sens car le degré jour unifié est égal à zéro si la température observée est supérieure ou égale à 17°. En mesurant chaque jour le DJU, on construit un indicateur de climat de référence sur une période de trente ans. Le rapport entre l'indicateur de climat observé et l'indicateur de climat de référence constitue l'indice de rigueur climatique (0.94 en 2003, 0.82 en 2002). La consommation d'énergie corrigée des variations climatiques est calculée en tenant compte de cet indice de rigueur climatique. On obtient ainsi la consommation avec des conditions climatiques "normales".
Intrigué par le DJU, je suis allé faire un tour sur Wikipedia pour comprendre que la notion sert également, par exemple, aux professionnels du chauffage afin d'évaluer l'écart entre les températures intérieure et extérieure d'un bâtiment. La température standard est cette fois de 18°C. "Cette donnée est utile pour l'estimation des consommations d'énergies de chauffage d'un bâtiment", nous dit-on. Exemple simple: pour une journée où la température est de 5° au plus bas et 17° au plus haut, la méthode dite "météo" considère une moyenne de 11°, soit un DJU de 7°. Wikipedia précise que "les DJU sont pris sur la période de chauffe de 232 jours allant du 1er octobre au 20 mai. En France, le total annuel moyen va de 1400 DJU pour la côte Corse à 3800 DJU dans le Jura. Pour un hiver de rigueur moyenne le nombre de DJU se situe entre 2000 et 3000 pour la majeure partie du territoire métropolitain".J'essaierai d'affiner cet article lorsque j'aurai un plus de matériel à commenter.
dimanche 18 octobre 2009
la vida loca
avant: dans l'ensemble, le documentaire semble très apprécié. Christian Povedo, le réalisateur, s'est fait assassiné en septembre. Fait le buzz.
après: documentaire très rythmé. Les meurtres des "18" (nom d'un gang de San Salvador) s'enchaînent à une vitesse incroyable. Chaque séquence débute par trois coups de feu et la découverte d'un cadavre. Même dynamique que "Gomora", même principe que "a very british gangster" (réalisateur infiltré dans le gang), assez violent (peut-être devrait-on dire réaliste), le film mérite d'être regardé la tête bien préparée.
après: documentaire très rythmé. Les meurtres des "18" (nom d'un gang de San Salvador) s'enchaînent à une vitesse incroyable. Chaque séquence débute par trois coups de feu et la découverte d'un cadavre. Même dynamique que "Gomora", même principe que "a very british gangster" (réalisateur infiltré dans le gang), assez violent (peut-être devrait-on dire réaliste), le film mérite d'être regardé la tête bien préparée.
jeudi 15 octobre 2009
électricité: consommation vs. photovoltaïque (PV)
Un foyer peu consommateur d'électricité (réfrigérateur, plaque de cuisson électrique, télévision, freebox, une machine à laver le linge et des ampoules) présente une facture d'électricité qui doit se situer aux alentours de 1 MWh par an (megawattheure). Rappelons que pour les unités, la série des préfixes kilo, mega, giga, tera, peta... s'incrémente à chaque fois d'un facteur 1000. Le chauffage électrique et le chauffage de l'eau chaude sanitaire font bien entendu exploser la note. Dans mon cas personnel, j'ai consommé 1070 kWh en 12 mois d'après mes derniers relevés.
Un mètre carré de cellules PV produit chaque année 100 kWh. Une dizaine de mètres carrés me permettront donc de cumuler au bout d'un an ce que j'aurais consommé.
Toujours sur ces mêmes principes de correspondance, la consommation électrique annuelle française s'élève à 500 TWh, soit 5000 km2 de surface recouverte en PV. Ceci indique simplement que, dans l'hypothèse absurde où l'on adapterait en temps réel notre consommation à l'ensoleillement, on monopoliserait la moitié de la surface bâtie sur l'hexagone. Il faudrait pour cela ne plus consommer la nuit et les jours de ciel couvert, être sobre en hiver et se déchaîner en été. En quelque sorte, un grand jeu national "1,2,3 pas de Soleil: stop, on ne bouge plus!".
Pour les amateurs d'exactitude, les chiffres de la consommation électrique française sont donnés par le ministère de l'énergie (cliquer ici pour télécharger le document PDF, de gros progrès dans la présentation), et l'occupation des espaces est évalué par l'IFEN (cliquer ici pour télécharger le PDF, tout de suite en 2ème page).
Un mètre carré de cellules PV produit chaque année 100 kWh. Une dizaine de mètres carrés me permettront donc de cumuler au bout d'un an ce que j'aurais consommé.
Toujours sur ces mêmes principes de correspondance, la consommation électrique annuelle française s'élève à 500 TWh, soit 5000 km2 de surface recouverte en PV. Ceci indique simplement que, dans l'hypothèse absurde où l'on adapterait en temps réel notre consommation à l'ensoleillement, on monopoliserait la moitié de la surface bâtie sur l'hexagone. Il faudrait pour cela ne plus consommer la nuit et les jours de ciel couvert, être sobre en hiver et se déchaîner en été. En quelque sorte, un grand jeu national "1,2,3 pas de Soleil: stop, on ne bouge plus!".
Pour les amateurs d'exactitude, les chiffres de la consommation électrique française sont donnés par le ministère de l'énergie (cliquer ici pour télécharger le document PDF, de gros progrès dans la présentation), et l'occupation des espaces est évalué par l'IFEN (cliquer ici pour télécharger le PDF, tout de suite en 2ème page).
A l'échelle d'un habitat, le standard promu par le gouvernement est actuellement l'installation de 3kWc. Le petit c (pour "crête") signifie que dans des conditions idéales d'exposition, le système PV doit produire 3 kWh par heure. En parcourant la base de donnée des installations PV raccordées au réseau (http://www.bdpv.fr/index.php), on voit que la production oscille entre 3 MWh au Nord et presque 4 MWh au Sud pour des surfaces de toit d'une vingtaine de mètres carrés. Le lecteur attentif aura vite fait de recalculer la production moyenne correspondant à 20 m2 en prenant la valeur citée plus haut de 100 kWh par m2 et par an, et m'opposera que le total s'élève plutôt à 2 MWh par an. J'avais pris en effet un chiffre rond (10%) pour le rendement des cellules PV, tandis que nos concitoyens raccordés au réseau choisissent le plus souvent des panneaux à 15% ou plus.
Faire parti des "3kWc" est intéressant à plus d'un titre. D'une part, il s'agit là de l'un des meilleurs placements que l'on puisse faire. L'installation, raccordée et intégrée à l'architecture du bâtiment, vaut dans les 20 000 euros tout compris (plutôt moins maintenant), rapporte une soixantaine de centimes d'euros au kWh (EDF vend le kWh une dizaine de centimes) et peut faire l'objet d'un emprunt avantageux. Une dizaine d'années suffisent à amortir le tout, puis, jusqu'à la vingtième année du contrat, un chèque non imposable tombe tous les ans (entre 1500 et 2000 euros).
Si les avantages financiers décrits plus haut sont alimentés artificiellement par les subventions d'état, on peut aussi identifier une tendance forte qui ne doit qu'aux caractéristiques intrinsèques du solaire. Très naturellement, les 3kWc cherchent à limiter leur consommation électrique à la capacité de production de leur installation PV. Et encore mieux, l'électricité PV devient LA référence énergétique de la maison.
Dans cet article, je souhaite commenter plus particulièrement ce dernier constat afin d'en examiner la portée: l'installation solaire photovoltaïque constitue une porte d'entrée formidable dans l'univers de la maîtrise de l'énergie. Les 3kWc, à l'origine peu impliqués dans la problématique de l'énergie, se comportent comme s'ils venaient de brancher le décodeur pour pouvoir enfin regarder l'économie d'énergie de près.
Il me semble que la force principale de l'énergie solaire réside dans son individualisation. L'implantation d'un système PV chez soi engendre une prise de conscience aigüe de ce que représente sa consommation de l'énergie. J'avoue être assez séduit par le côté "double-effet" ou "2 en 1" de cette technologie: produire avec la conséquence de consommer moins. Quelle autre technologie peut se vanter de conduire les citoyens à s'approprier la maîtrise de l'énergie?
La proximité retrouvée du particulier avec le concept pourtant si flou et multi-facette de l'énergie repose encore une fois sur la notion de monitoring, déjà évoquée dans l'article sur les smart grids. L'enchaînement logique est ainsi le suivant: le producteur investit, donc il veut savoir combien il produit. Par conséquent il monitore. Il lit des chiffres en kWh qui ne signifient rien pour lui. Il lui faut donc des éléments de comparaison: la base prix lui indique combien EDF lui reverse. Mais il veut aussi savoir s'il est vraiment gagnant, et surtout combien il gagne par rapport à ce qu'il dépense pour sa facture d'électricité. C'est le moment magique: il analyse, comprend et ajuste sa facture EDF (tout s'éclaire...) sur sa production solaire.
Je pensais intituler cet article: "de l'intérêt sociétal du solaire photovoltaïque"... Trop pédant paraît-il.
Faire parti des "3kWc" est intéressant à plus d'un titre. D'une part, il s'agit là de l'un des meilleurs placements que l'on puisse faire. L'installation, raccordée et intégrée à l'architecture du bâtiment, vaut dans les 20 000 euros tout compris (plutôt moins maintenant), rapporte une soixantaine de centimes d'euros au kWh (EDF vend le kWh une dizaine de centimes) et peut faire l'objet d'un emprunt avantageux. Une dizaine d'années suffisent à amortir le tout, puis, jusqu'à la vingtième année du contrat, un chèque non imposable tombe tous les ans (entre 1500 et 2000 euros).
Si les avantages financiers décrits plus haut sont alimentés artificiellement par les subventions d'état, on peut aussi identifier une tendance forte qui ne doit qu'aux caractéristiques intrinsèques du solaire. Très naturellement, les 3kWc cherchent à limiter leur consommation électrique à la capacité de production de leur installation PV. Et encore mieux, l'électricité PV devient LA référence énergétique de la maison.
Dans cet article, je souhaite commenter plus particulièrement ce dernier constat afin d'en examiner la portée: l'installation solaire photovoltaïque constitue une porte d'entrée formidable dans l'univers de la maîtrise de l'énergie. Les 3kWc, à l'origine peu impliqués dans la problématique de l'énergie, se comportent comme s'ils venaient de brancher le décodeur pour pouvoir enfin regarder l'économie d'énergie de près.
Il me semble que la force principale de l'énergie solaire réside dans son individualisation. L'implantation d'un système PV chez soi engendre une prise de conscience aigüe de ce que représente sa consommation de l'énergie. J'avoue être assez séduit par le côté "double-effet" ou "2 en 1" de cette technologie: produire avec la conséquence de consommer moins. Quelle autre technologie peut se vanter de conduire les citoyens à s'approprier la maîtrise de l'énergie?
La proximité retrouvée du particulier avec le concept pourtant si flou et multi-facette de l'énergie repose encore une fois sur la notion de monitoring, déjà évoquée dans l'article sur les smart grids. L'enchaînement logique est ainsi le suivant: le producteur investit, donc il veut savoir combien il produit. Par conséquent il monitore. Il lit des chiffres en kWh qui ne signifient rien pour lui. Il lui faut donc des éléments de comparaison: la base prix lui indique combien EDF lui reverse. Mais il veut aussi savoir s'il est vraiment gagnant, et surtout combien il gagne par rapport à ce qu'il dépense pour sa facture d'électricité. C'est le moment magique: il analyse, comprend et ajuste sa facture EDF (tout s'éclaire...) sur sa production solaire.
Je pensais intituler cet article: "de l'intérêt sociétal du solaire photovoltaïque"... Trop pédant paraît-il.
mercredi 14 octobre 2009
Funny people
avant: BTS (Bonhomme de Télérama Souriant). Sans quoi, avec une affiche et un titre pareils, je n'y serais jamais allé!
après: ce n'est pas divertissant, ce n'est pas drôle, c'est long, fadasse, prétentieux et pathétique. Une lente agonie de deux heures.
mardi 13 octobre 2009
smart grids
En français, on dirait plutôt "réseaux intelligents". En général, on parle de smart grids lorsqu'on imagine un futur où le greentech et la maîtrise de la consommation font déjà parti de l'équation énergétique dominante. Je passe sur la connotation péjorative de l'expression qui nous renvoie à un présent dans lequel nous utiliserions donc des "dumb grids"... La dumb generation, à laquelle j'appartiens, appréciera.
Deux éléments clés permettent de comprendre l'intérêt des smart grids.
Il faut savoir tout d'abord que la consommation d'électricité n'est pas constante tout au long de la journée. On atteint des pics de consommation par exemple le soir à la sortie des bureaux, et des creux au beau milieu de la nuit. Pour faire face à ces pics, il n'est pas possible "d'allumer" une centrale nucléaire à 18h et de "l'éteindre" à 21h. L'appoint électrique nécessaire est apporté en France par des centrales thermiques, dont la plupart fonctionnent au charbon. On comprend ainsi qu'en diminuant l'ampleur des pics de consommation électrique, on puisse réduire la production thermique.
D'autre part, les réseaux électriques actuels ont une architecture centralisée autour de quelques pôles de production. Si demain les toits sont recouverts de modules photovoltaïques et si les éoliennes continuent de se développer, le réseau actuel ne pourra pas le supporter. Et il supportera encore moins le boulet que traine la majorité des ENR: l'intermittence.
Pour faire simple, les smart grids sont des réseaux permettant d'aplanir la consommation journalière d'énergie, de la faire baisser et d'intégrer la production ultra-fragmentée et intermittente des ENR, en utilisant les technologies de l'information les plus avancées, mais aussi au moyen d'incitations financières.
Le monitoring est l'un des piliers des smart grids. Les technologies actuelles de l'information permettent maintenant de centraliser en temps réel les données des outils de mesure de la consommation.
Dans un monde idéal, il faudrait savoir en temps réel qui consomme/produit quoi et où, afin de pouvoir réagir en conséquence. Deux réactions sont attendues: celle, automatique, du réseau, qui réassigne la production de la manière la plus rationnelle qui soit, et celle du consommateur dont on confronte en permanence la consommation avec la consommation globale du réseau. L'idée est alors d'affecter un prix à l'électricité qui sera fonction de la consommation totale instantanée et de parier que l'usager saura s'adapter en conséquence.
On attend ainsi du consommateur qu'il fasse fonctionner les instruments les plus énergivores lorsque les prix sont au plus bas (démarche assez nouvelle dans certains états bien que banale pour nous français) mais aussi qu'il prenne conscience de sa propre consommation grâce à des outils plus ou moins hightech censés monitorer ses différents postes énergétiques. Tout cela doit conduire à une consommation mieux maîtrisée. Soit, en toute logique, à moins de consommation.
Dans un monde idéal, il faudrait savoir en temps réel qui consomme/produit quoi et où, afin de pouvoir réagir en conséquence. Deux réactions sont attendues: celle, automatique, du réseau, qui réassigne la production de la manière la plus rationnelle qui soit, et celle du consommateur dont on confronte en permanence la consommation avec la consommation globale du réseau. L'idée est alors d'affecter un prix à l'électricité qui sera fonction de la consommation totale instantanée et de parier que l'usager saura s'adapter en conséquence.
On attend ainsi du consommateur qu'il fasse fonctionner les instruments les plus énergivores lorsque les prix sont au plus bas (démarche assez nouvelle dans certains états bien que banale pour nous français) mais aussi qu'il prenne conscience de sa propre consommation grâce à des outils plus ou moins hightech censés monitorer ses différents postes énergétiques. Tout cela doit conduire à une consommation mieux maîtrisée. Soit, en toute logique, à moins de consommation.
Naturellement, un tel déploiement de technologie (T) ne vaudrait pas grand chose s'il n'était pas adossé à une politique (P) et un modèle économique valable (E). Certes, on pourrait tout envisager sous l'angle PET: le préciser semble trivial. Toutefois, les nombreuses conversations que j'ai eues au sujet de l'environnement se sont le plus souvent déroulées sous l'égide de l'une seulement de ces trois lettres. La problématique prend pourtant toute sa dimension dans l'agglomération de ces trois formalismes, au final indissociables. Cette vision multi-concept n'est pas si incongrue qu'on pourrait le croire: les catholiques ont fait bien plus compliqué en inventant la Trinité, les physiciens ont découvert la dualité onde-corpuscule,...
L'intérêt des smart grids est aussi économique. Un gros dossier dans The Economist (10-16 oct 2009) donnera les chiffres intéressants. On y distingue 3 secteurs correspondant aux 3 espaces d'exploitation: les réseaux de l'habitat (HAN, Home Area Network), les sous-réseaux (une entreprise, une université,...) et LE réseau (AMI, Advanced Metering Infrastructure). La philosophie des activités mises en oeuvre semble assez similaire d'un secteur à l'autre, la notion d'échelle déterminant plus ou moins la frontière.
On notera également que les "stimulus packages" des différents états donnent la part belle aux réseau intelligents. Dans le paquet américain, ce sont 3.9 milliards de dollards qui seront affectés aux technologies des smart grids.
Si les smart grids sont si géniales, pourquoi est-ce si fastidieux de les mettre en place? La réponse la plus immédiate pointe le coût des infrastructures à mettre en place. De plus, il n'existe pas encore de standards dans le domaine. Les compagnies hésitent à investir des sommes considérables si des nouveautés les obligent ensuite à revoir tous leurs plans.
Par ailleurs, les réseaux et les unités de production ont souvent des liens très forts. Si l'effet des smart grids est d'abaisser la consommation générale, il est nécessaire de trouver des moyens de convaincre le producteur de ne pas freiner le processus.
Les politiques également sont un peu timides. Déjà assez peu concernés par l'environnement, il faudrait en plus qu'ils travaillent à élaborer des ... règles! Un exemple simple: si les smart grids sont plus efficaces, l'énergie est censée coûter moins cher. Donc pourquoi le consommateur se soucierait d'en utiliser moins? Une autre interrogation arrive parfois à leurs oreilles: que sait-on du coût énergétique d'une smart grid? Il semblerait en effet que le monitoring et le stockage des données impliquerait un nombre important de centre de données (les fameux "data centers"), dont la facture énergétique, on le sait bien maintenant, est gigantesque (j'essaierai de faire un article sur ce sujet).
L'intérêt des smart grids est aussi économique. Un gros dossier dans The Economist (10-16 oct 2009) donnera les chiffres intéressants. On y distingue 3 secteurs correspondant aux 3 espaces d'exploitation: les réseaux de l'habitat (HAN, Home Area Network), les sous-réseaux (une entreprise, une université,...) et LE réseau (AMI, Advanced Metering Infrastructure). La philosophie des activités mises en oeuvre semble assez similaire d'un secteur à l'autre, la notion d'échelle déterminant plus ou moins la frontière.
On notera également que les "stimulus packages" des différents états donnent la part belle aux réseau intelligents. Dans le paquet américain, ce sont 3.9 milliards de dollards qui seront affectés aux technologies des smart grids.
Si les smart grids sont si géniales, pourquoi est-ce si fastidieux de les mettre en place? La réponse la plus immédiate pointe le coût des infrastructures à mettre en place. De plus, il n'existe pas encore de standards dans le domaine. Les compagnies hésitent à investir des sommes considérables si des nouveautés les obligent ensuite à revoir tous leurs plans.
Par ailleurs, les réseaux et les unités de production ont souvent des liens très forts. Si l'effet des smart grids est d'abaisser la consommation générale, il est nécessaire de trouver des moyens de convaincre le producteur de ne pas freiner le processus.
Les politiques également sont un peu timides. Déjà assez peu concernés par l'environnement, il faudrait en plus qu'ils travaillent à élaborer des ... règles! Un exemple simple: si les smart grids sont plus efficaces, l'énergie est censée coûter moins cher. Donc pourquoi le consommateur se soucierait d'en utiliser moins? Une autre interrogation arrive parfois à leurs oreilles: que sait-on du coût énergétique d'une smart grid? Il semblerait en effet que le monitoring et le stockage des données impliquerait un nombre important de centre de données (les fameux "data centers"), dont la facture énergétique, on le sait bien maintenant, est gigantesque (j'essaierai de faire un article sur ce sujet).
Quoiqu'il en soit, la plupart des réseaux existant commence à montrer des signes de vétusté. Les travaux de rénovation en cours intègrent progressivement les technologies modernes censées apporter "l'intelligence" en question. Une transformation douce nous arrache pas à pas de la dumb grid.
dimanche 11 octobre 2009
the informant
avant: Soderbergh, bonnes critiques. Prometteur...
après: pas mal. Le mensonge sous toutes ses formes. Le mensonge de A à Z. Le mensonge comme unique sujet: on ne risque pas de se disperser! Mais pas mal, avec en prime quelques scènes assez amusantes. Un anglais un peu technique qui m'oblige à lire les (nombreux!!) sous-titres en permanence, fatigant!
samedi 10 octobre 2009
intérêt de limiter localement les émission de CO2
Diminuer les émissions des GES (Gaz à Effet de Serre) implique deux modes d'action: des mesures prises individuellement par chaque état d'une part, et des règles internationales contraignantes. Lorsqu'un état décarbone, ou se propose de le faire, une foule de mécontents envahit les colonnes des journaux et les plateaux de télévision. Parmi les arguments avancés, certains sont d'ordre général et à mon sens, inexacts. Je m'attache dans cet article à démonter une phrase que j'entends souvent: "L'effort que l'on fera est trop peu significatif pour avoir un quelconque impact". Voyons quels sont les efforts en question.
Les programmes d'action pour faire face à l'urgence climatique s'articulent systématiquement autour du triptyque: 1. sobriété énergétique, 2. moins d'émission de CO2 et 3. plus de renouvelable. C'est l'idée par exemple de la règle des 3 fois 20: réduction de 20% de la consommation d'énergie primaire et des émissions de CO2, augmentation de 20% de la part du renouvelable dans la production d'énergie primaire.
Chacun de ces trois points implique la mise en place simultanée d'une politique P, d'une économie E et d'une technologie T. Un exemple: les transports. Les politiques (P) vont inciter l'industrie automobile (E) à construire électrique (T). Une goutte d'eau dans l'océan à notre échelle de petit français? Et pendant ce temps là les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) roulent au pétrole? Je pense au contraire que l'impact est important si l'on garde à l'esprit que l'économie est mondialisée. Les voitures électriques seront certainement fabriquées en masse dans les BRIC... Alors quoi? Ils fabriquent des batteries et roulent au diesel??? Personnellement, j'observe que les chinois, les indiens, les russes... qui écoutent de la musique n'achètent pas des walkman à cassette mais des lecteur MP3, que ceux d'entre eux qui téléphonent le font avec des technologies identiques aux nôtres, que les écrans plats remplacent les tubes cathodiques, comme chez nous...
A coût égal, il n'y a pas de raisons pour qu'un pays en voie de développement refuse de se mettre à jour sur une technologie. La promouvoir à Paris, c'est aussi la promouvoir à Pékin ou à Rio. Contrairement à ce que laisserait penser une première analyse approximative, les petites actions des uns peuvent être globalement impactantes grâce au levier de la mondialisation.
L'aspect global d'une économie libéralisée est précisément au coeur de la problématique environnementale. Ironie du sort, il est intéressant de remarquer que ce raisonnement s'appuie sur les défauts du système (par exemple les délocalisations dans les pays à bas coût) pour obtenir des solutions.
Hôtel Woodstock
avant: j'ai entendu la critique du masque, lu celle du monde. Pas mal. Film de Ang Lee, réaliateur dont je ne suis pas particulièrement fan mais qui en général tient la route (Tigre et Dragon: bof, et Brokeback Mountain: ça va, sans plus, son Hulk de 2003: bof, raison et sentiments: bien).
après: sympa et rafraîchissant. Sans prétention. Le frère de Wolverine (the origin) est assez surprenant en travesti à perruque blonde. Le même récit aurait pu tenir en un temps plus court. Assez peu original mais de bonne facture.
Thirst, ceci est mon sang
Avant: je vois Chan-Wook Park et pour moi, déjà, c'est du lourd! Et j'aime le ciné coréen.
Après: Je n'ai pas été déçu par ce film de vampire coréen. Mention très bien. Comme toujours, super bien réalisé et très original. Quelques mini-longueurs parfaitement acceptables.
Je vais tenter d'introduire progressivement quelques notions pour bien faire comprendre mon univers, mais surtout pour que lecteur puisse se faire un avis sur le film. Première notion: PAC (Parfaitement Accessible aux Curieux). S'adresse aux personnes plutôt habituées aux films grand public qui souhaitent faire de temps en temps l'expérience d'un film d'Art et d'Essai sans avoir l'impression de perdre deux heures. Ce film est très PAC!!!
Contre-critique: le masque semble déplorer la juxtaposition de deux films en un. Personnellement je trouve que c'est plutôt réussi.
Acte 1: l'ouverture de mon blog
Bonjour à tous!
Un petit message s'impose pour justifier ma démarche. Mes centres d'intérêt sont résumés dans l'intitulé du blog. Le cinoche vient s'intercaler entre l'énergie et le reste du monde. Cela peut sembler un peu bizarre mais à bien y réfléchir, les avantages sont facilement identifiables. Tout d'abord, on m'a souvent demandé de publier mes critiques de film. La plupart de mes amis se rendent assez peu au cinéma... et tolèrent difficilement l'erreur! Alors se tromper dans le choix d'un film est hors de question! Tant mieux si je peux aider.
Par ailleurs, la thématique de l'énergie, et de l'environnement de manière générale, n'intéressent finalement pas grand monde. La situation est en train de changer actuellement "grâce" à la crise. Les idées avec lesquelles je rebats les oreilles de mes potes depuis plus de 10 ans sont désormais inscrites sur les feuilles de route gouvernementales. Le canal cinématographique permettra, je l'espère, de capter un ou deux lecteurs qui se seront égarés sur ce site.
Pour ce qui est du reste du monde, malheureusement, je reste un peu désarmé. Là, pour le coup, et en utilisant une formule à l'emporte-pièce (j'espère la seule de ce blog), tout le monde s'en f... Difficile de promouvoir la géopolitique lorsque le petit Martin qui occupe la scène médiatique une semaine avec le package classique de matérialisation du vide - disparition, alerte média, réapparition, étalage de bonheur sur tous les plateaux - dévie l'attention générale d'un attentat à Peshawar, 52 morts, 300 blessés.
Mais trêve de long discours, voyons plutôt ce que cela peut donner. Le coups d'envoi du blog ECRM, c'est maintenant!
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