mercredi 31 août 2011

Le Mur invisible

Un vieux film (1949) dont le thème, intéressant, est tout de même un peu passé de mode. Il est donc essentiel de faire un effort et de se replacer dans le contexte de l'époque. Kazan y force volontairement le trait: tout le monde est un antisémite qui s'ignore. Le héros possède une susceptibilité aux sous-entendus qui ferait passer les militants de la LICRA pour indifférents au racisme. Le scénario est bien construit. Tel un big-bang suivi d'un big crunch, la colère de Grégory Peck s'étend progressivement au monde entier, avant qu'il ne révise ses jugements sous peine de s'exclure totalement de la société. L'intolérance à l'intolérance reste de l'intolérance. Les dialogues sont plein de richesse même si ce n'est pas le règne de la subtilité. Le mur invisible vaut la peine d'être vu, mais d'un point de vue cinématographique, il faut tout de même reconnaître que c'est assez monolithique. La première partie est très longue et inutile. La dernière heure rattrape le film.

Impardonnables

Un film français... vraiment très français. Du grand n'importe quoi: le scénario est décousu et le principe du film s'épuise au bout de quelques minutes. Evidemment, tout le monde est content de voir une histoire qui se déroule à Venise. Le cadre est idéal, son caractère à la fois familial et international est propice à une action pleine de charme. Mais tout ceci n'excuse pas la banalité et la redite que l'on ressent à longueur de film. Impardonnable, c'est un peu comme si on avait transposé le café de Flore à Venise. Les mêmes obsessions germano-pratines des auteurs français expédiée en Italie. Une souillure à ce que représente la Sérénissime. A chaque étape du film, c'est comme si Téchiné se disait: "bon, qu'est ce qu'on va faire maintenant?".

samedi 27 août 2011

This must be the place

Après avoir lu les mauvaises critiques du Monde, j'y allais presque à reculons. Préparé au pire, je suis ressorti agréablement surpris. Sean Penn n'a cessé de me faire rire tout le long du film. Un comique de répétition qui, apparemment, suffisait largement à satisfaire mon esprit simple. Contrairement au Monde, j'ai trouvé le séjour américain du personnage intéressant et sa chasse au nazi assez jubilatoire. Le couple qu'il forme avec sa femme est une source comique inépuisable et certains personnages périphériques sont croqués à merveille. Je veux bien reconnaître que ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais j'ai passé un excellent moment.

vendredi 26 août 2011

Melancholia

On prend peur au tout début: une planète entre en collision avec la Terre. Cela rappelle immédiatement le calvaire de la dernière palme d'or. Fort heureusement, la comparaison s'arrête là. Il y a ensuite toute la maestria de Lars von Trier. Le cinéaste a réalisé là un long métrage particulièrement bien filmé. Son équipe d'acteurs est formidable (à part Gainsbourg qui continue de chuchoter en anglais). L'atmosphère y est vraiment particulière et mérite à elle seule d'aller voir le film. Et l'idée du scénario, toute bête, donne lieu à des développements très intéressants au niveau des différents personnages. Le film se découpe en deux parties traitant chacune un thème distinct mais reliées entre elles par un fil rouge presque imperceptible. Du bon travail tout en finesse.

jeudi 25 août 2011

Cowboys & envahisseurs

Divertissant mais il ne faut pas en espérer plus. Transposer Alien au 19ème siècle dans le Far West ne rend pas vraiment le film plus original. Il manque la petite étincelle pour que la sauce prenne. Cowboys&Envahisseurs est bien après une longue journée de travail pour se changer les idées. Mais tout est dans le titre, et pour le reste, l'imagination des scénaristes est restée stérile. D'où les nombreux emprunts à d'autres films bien meilleurs (les "Bourne", Alien, Prédators...). 

mardi 23 août 2011

Captain America : The first avenger

Encore un Marvel bien sympathique. Du grand spectacle et une affaire rondement mené. Tous les ingrédients d'un film fantastique efficace et divertissant.

La Piel que habito

Malgré tout le respect que j'ai pour Almodovar, j'avoue que son obsession de la transsexualité commence sérieusement à me fatiguer. Avec La piel que habito, on a pourtant un film qui commence "bien". Aucun transsexuel, homosexuel ou personnage à la sexualité insolite à l'horizon. Une toute petite demi-heure de film suffit pour mettre à mal cette impression originelle. Et c'est reparti pour un tour... Pour un cinéphile qui visionne un "Almodovar" pour la première fois, j'imagine que le résultat doit être fantastique et surprenant: c'est filmé bien filmé, monté à la perfection, la photo est superbe, les acteurs sont excellents, la bande originale est ... originale... Pour l'habitué, c'est un peu l'overdose.

mercredi 17 août 2011

Happy Happy

Une petite comédie norvégienne assez agréable. Deux couples, plusieurs possibilités: la recette est connue. Mais le contexte apporte beaucoup dans le cas de happy happy, l'anti fargo par excellence. La neige y est gaie, le brouillard joyeux. Même lorsqu'ils dépriment, les personnages semblent revigorés par le froid. Les acteurs sont impeccables, et la mise en scène efficace. 

lundi 15 août 2011

Killing Bono

La première moitié du film est un peu poussive. Le montage est approximatif, et le casting n'est pas extraordinaire. L'équipe du film se ressaisit bien pour le deuxième volet. Les acteurs ne sont toujours pas formidables mais le personnage central est tellement horripilant qu'on pense plus à lui mettre des claques qu'à critiquer celui qui l'incarne. On sort de là un peu sonné, en s'interrogeant sur l'histoire qui vient d'être projetée: le héros, au passage l'auteur du livre duquel s'inspire l'histoire, est bel et bien le champion du monde de la loose. Toutes ses prises de décision calamiteuses, qu'il justifie par la fierté personnelle, semblent faire oublier que la source de ses problèmes est plutôt l'absence de talent. En omettant cette réflexion, le film reste bancal tout le long.

Mes meilleures amies

Rares sont les comédies romantiques de bonne qualité. Celle-ci est légèrement moins mauvaise que les autres. Si je ne me suis pas amusé personnellement, je dois reconnaître que les acteurs jouent juste et que la réalisation est de bonne facture. Néanmoins, cela reste un pâle divertissement comparé à un 4 mariages et un enterrement ou le nom des gens. Juste un peu divertissant.

La planète des singes : les origines

Pour un film d'action, il y a beaucoup de longueurs inutiles. Le scénario, orienté complètement autour des singes, est un parti pris qui prend le spectateur (venu voir un film d'action) à contre-pieds. La planète des singes n'est pas dans la recherche du suspens, mais plutôt dans l'analyse psychologique des chimpanzés. En soi, ce choix n'est pas critiquable. Mais le film perd un peu en densité et en efficacité. Je l'ai trouvé assez moyen.

Super 8

Un mélange de IT et les goonies. Les films qui mettent des enfants en avant sont toujours difficiles à réaliser. Dans Super 8, c'est une véritable réussite. Leur univers est particulièrement original et l'on s'y plonge avec plaisir. La symbiose dans le groupe de jeune est parfaite. Leur passion dévorante pour les films de mort-vivant conduit à des traits d'humour plutôt efficaces. Tout en gardant son formalisme de blockbuster américain, le réalisateur arrive à disséminer des scènes presque poétiques à la Michel Gondry. Du bon travail et un bon divertissement.