mercredi 21 avril 2010

Breathless

Dans Breathless, la spécialité est le passage à tabac. Tout le long du film, le personnage principal amoche des mauvais payeurs pour recouvrir de l'argent. Le cocktail de violence physique et mental sur lequel repose le film devient assez vite lassant (ou pénible, au choix). La seconde partie de ce long métrage est plus intéressante, les situations familiales se complexifient et les acteurs prennent de l'épaisseur. Je reste tout de même sur une impression de film mal ficelé, au mieux intéressant, au pire ennuyeux.

samedi 17 avril 2010

Ajami

Excellent! Dans une première moitié de film, l'histoire se met en place presque nonchalemment. On est alors dans une sorte de drame social israélien à la Ken Loach, pas mal du tout et dont on aurait presque pu se contenter. Mais l'auteur passe ensuite la vitesse supérieure pour transformer ce qui aurait pu être un bon film en un film exceptionnel. Tout y est: des drames, de l'action, des dialogues, et surtout un scénario et un montage d'une finesse à couper le souffle. Les scènes s'enchaînent de plus en plus vite, le spectateur commence à ressentir la puissance de l'intrigue qui finit en apothéose. La dernière pièce du puzzle pour la dernière scène. Encore un chef d'oeuvre! Il faut y aller entre amis, pour se rassurer d'avoir bien compris, mais aussi parce que chacun y voit des détails supplémentaires qui rendent le résultat encore plus impressionnant. On reconstitue alors l'histoire dans sa tête. Et cela peut durer des heures. Bluffant!

Green Zone

Un pur chef d'oeuvre de film d'action! Les séquences s'enchaînent avec la progression d'un rouleau compresseur, et sont dignes de rentrer dans les annales du cinéma. Je n'en citerai qu'une: une traque absolument incroyable, de nuit avec les viseurs infra rouges des hélicoptères, durant laquelle deux équipes de soldats américains rivales convergent vers le même ennemi sur un terrain complètement acquis à sa cause. Un mélange de caméra à l'épaule, d'images de visées militaires, de vue panoramiques des toits bagdadis, de prises de vues en retrait des décombres, le tout enrobé dans une pellicule au grain grisonnant qui amplifie l'angoisse. Damon joue juste, sobre, efficace, performance d'autant plus remarquable que Jason Bourne n'est pas loin: il aurait été tentant de se laisser aller à l'autoplagiat, mais fort heureusement cette crainte fut vite effacée pour laisser place à un tout nouveau personnage, moins invincible mais tout aussi déterminé. Les scénaristes ont également fait un travail extraordinaire: le français moyen, au courant des événements avant même qu'ils ne se réalisent en 2002 (il se trouve que j'était dans le Nevada pendant tout le mois d'Octobre 2002 où pas un de mes collègues US ne remettait en doute la présence d'armes de destructions massives en Irak...) se trouvera happé par le film, comme s'il découvrait pour la première fois l'histoire. Si les américains faisaient leur auto-critique avant les conflits, on n'aurait certainement pas d'aussi bons films!

jeudi 15 avril 2010

Adèle Blanc-Sec

En ce qui me concerne, ce fut une grosse déception. On assiste là à un film sans réelle dramaturgie, avec un scénario d'une mollesse presque sidérante de la part de Besson (dont je dois préciser que j'étais fan jusqu'à Jeanne d'Arc). Au premier abord, on pourrait trouver les décors particulièrement bien soignés. Mais après 1h30 de retouche numérique, le Paris aseptisé que nous propose Adèle Blanc-Sec finit par irriter. Pour achever le film, Louise Bourgoin n'est, à mon avis, pas à la hauteur du rôle. Sa diction et son manque de présence à l'écran trahissent un certain amateurisme. Certains personnages, comme celui de Mathieu Amalric, auraient gagné à occuper plus souvent l'écran. C'est d'ailleurs ce à quoi l'on s'attend au début du film, mais en vain... Etrange sensation de raté...

L'Immortel

Malgré un scénario assez convenu, une mise en scène plutôt banale et des clichés fort nombreux, je suis surpris de constater que L'immortel se laisse finalement regarder pour qui recherche un divertissement viril. Il n'y a pas grand chose d'autre à en dire.

samedi 10 avril 2010

Lignes de front

Absolument magnifique. Je n'avais rarement vu un conflit africain filmé avec tant de justesse. Le casting est remarquable, on se croirait presque dans un documentaire. Il se dégage de ce film une intensité qui prend furieusement aux tripes, sans même utiliser de ficelles malsaines. LE plan pour tirer la petite larme, LA scène pour que le spectateur occidental s'indigne au moins une fois dans sa vie de ce dont il se moque comme de la première pluie, tout ces aspects casse-cinoche ont été soigneusement évités pour donner forme à un vrai film de cinéma monté au cordeau avec une maestria incontestable. Il faut courir le voir!

vendredi 9 avril 2010

Gardiens de l'ordre

Un thriller plutôt efficace, cultivant l'angoisse et la noirceur. Cécile De France semble née pour ce rôle. Son compagnon d'infortune tient parfaitement la distance. Le faux rythme dont est imprégné le scénario est plutôt agréable. Sans être extraordinaire, gardiens de l'ordre se laisse regarder sans problème.

jeudi 8 avril 2010

Tête de turc

Tête de turc est un petit film français honnête, à inscrire dans la catégorie "peut mieux faire". J'attendais plus de cette histoire. Les critiques étaient élogieuses. Un consensus semblait s'ériger autour de l'authenticité de la banlieue filmée. Personnellement, j'ai trouvé que l'ensemble manquait légèrement d'un peu de tout: intensité dramatique, force des situations, conviction dans les dialogues... tout y est plus ou moins mais à mon goût, Elbé aurait pu appuyer plus fort sur le pinceau. Les gamins employés pour le film ont une diction absolument déplorable. Est-ce de leur faute? Je ne pense pas. Il me semble que certains dialogues sont particulièrement inadaptés à ces jeunes, et que les scénaristes, soi-disant en immersion, auraient dû l'être un peu plus... Mais terminons le commentaire par une note plus favorable: Tête de turc se regarde sans problème!

lundi 5 avril 2010

Tout ce qui brille

Compte tenu du nombre de bons films à l'affiche, cette comédie française fait un peu pâle figure. Tout ce qui brille entre dans la catégorie "films que l'on peut regarder à la rigueur". Je ne suis pas un fan.

samedi 3 avril 2010

Fleur du désert

Sceptique au tout début, j'ai finalement été conquis. On passe assez vite du drame social, certes émouvant mais somme toute assez banal, au film engagé contre l'excision. La progression est intelligente et pleine de finesse. La fleur du désert pousse dans un environnement difficile, ce qui la rend d'autant plus belle. C'est un peu l' "anti-precious", au sens où les catastrophes sont sans arrêt sur le point d'arriver mais ne surviennent jamais. Même les flashbacks, que je n'affectionne pas particulièrement en général, sont ici bien amenés. L'auteur s'est volontairement placé sur un terrain semé d'embûches, et jamais il n'a trébuché. Bien joué!

Liberté

Liberté souffre beaucoup des gesticulations de l'un de ses héros tziganes. Il est rare qu'un seul caractère efface à ce point l'existence des autres. Un peu fou, bougeant dans tous les sens sans jamais s'arrêter, la lourdeur du dénommé Taloche finit par oblitérer toutes les bonnes intentions de l'auteur. Le film par ailleurs est un peu faible dans sa narration. Assez décevant.