mardi 28 septembre 2010

Hors-la-loi

Hors-la-loi démarre très vite sur le massacre de Setif (des milliers de morts - personne n'est encore en mesure de dire combien, la valeur supérieure annoncée s'élevant à 40 000 tués). Le décors est posé et la polémique peut commencer. Tout le reste du film est consacré au terrorisme du FLN qui frappe la France de l'après-guerre. Sans le dire vraiment, certains voient les choses comme cela: un gamin de banlieue, nourrit au manichéisme des blockbusters américains aura tôt fait de connecter les causes aux conséquences, justifier ces dernières et renier le drapeau français pour mieux s'adonner au communitarisme. Par les temps qui courent et avec toutes ces discussions interminables sur les problèmes d'identité nationale, beaucoup auraient aimé se passer de cette brique supplémentaire apportée au débat. Certes, Bouchareb manque de subtilité sur le plan historique. Mais c'est pour mieux se concentrer sur les 3 frères terroristes, leur implantation en France et les mécanismes qui régissent leur cellule familiale. Pour faire un film de cinéma. On y voit de l'action, de l'émotion, des scènes plus philosophiques... Aucune place pour l'ennui. Malheureusement, le montage est plutôt mal ficelé, et l'intensité dramatique en pâtit furieusement. Il est finalement assez difficile de rester connecté au film malgré les efforts des acteurs qui semblent s'impliquer avec leurs tripes. Du pathos, quelques scènes filmée maladroitement, l'ensemble est un peu décevant mais se laisse tout de même regarder.
P.S. : je viens de lire la critique de Télérama qui me rappelle un élément d'importance que je m'empresse d'ajouter. Une idée fort intéressante imprègne le film: les combattants/terroristes du FLN voyaient leur rôle en France comme celui des résistants à l'occupant nazi. Cette lumière qui pour moi était assez inhabituelle, conduit à penser autrement le drame algérien.

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