En Corée du Sud, il y a quelques décennies à en juger par les voitures et les soldats américains en uniforme, une petite fille est abandonnée par son père dans un orphelinat. Elle trouvera finalement assez vite une famille d'accueil. Le foyer de jeunes enfants est filmé comme une période à la fois transitoire et initiatique, marquée par une première phase de déni (il est inconcevable que son père ait pu l'abandonner!) suivie d'un temps de reconstruction nappé de doutes et d'existentialisme. L'ensemble est assez réussi. Le cinéma proposé par la réalisatrice, sobre et calme (sans pour autant devenir soporifique), laisse indubitablement des souvenirs dans l'esprit.
samedi 23 janvier 2010
jeudi 21 janvier 2010
A serious man
Dans la première demi-heure, les frères Cohen calent l'histoire de façon magistrale. Les personnages sont truculents, les détails abondent et enrichissent le scénario comme rarement. Avec une telle introduction, on s'attend à voir le film décoller. Hélas, le film ne démarre jamais vraiment, et finit par s'enliser peu à peu dans le schéma qui a été mis en place. La communauté juive dans laquelle évolue le caractère principal, est presque traitée comme un personnage en soi. Les frères Cohen ont affiché une volonté délibérée de parler des coutumes dont la plupart sont ignorées du grand public. C'était assez curieux de voir la salle divisée entre les appartenants à cette communauté, hilares, et les autres, manifestement un peu perdus.
Un professeur de physique au caractère peu affirmé (non, ce n'est pas un pléonasme!) se laisse peu à peu déborder dans un environnement qu'il avait jusqu'ici plus ou moins réussi à cadrer. Rien ne va plus, sa vie part en sucette. L'heure suivante s'endort sur les mêmes principes actifs qui finissent par lasser le spectateur. Au final, on a quand même un film sympathique.
dimanche 17 janvier 2010
Gigantic
Une histoire d'amour dans un film indépendant américain. Encore une fois, du bon cinéma. Pas aussi académique que Bright Star, les héros ont la particularité d'être entourés chacun d'une famille très particulière (mettons baroque), ce qui confère à l'histoire un sel assez fin qui relève le film plutôt efficacement. Il n'en reste pas moins que les réfractaires aux comédies romantiques à l'eau de rose trouveront ce film ennuyeux. J'en fais partie.
Bright Star
Un très beau film. Mais aussi un film pour ceux qui aiment la poésie et les histoires d'amour platoniques. Pour moi, ce fut donc un calvaire. Deux heures...
Invictus
Le rugby filmé par quelqu'un qui n'y connaît pas grand chose. Le film dure deux heures et se décompose en une partie intéressante et une seconde heure éprouvante pour ceux qui souhaitent rester éveillés. Dans la première moitié, on voit un Mandela plutôt bien incarné par Freeman, se poser les problèmes de la cohabitation entre les races, usant de tout son talent pour intéresser les noirs à un sport de blanc tellement représentatif de l'apartheid. Une heure de cinéma de très bonne qualité. Le problème, c'est la suite... Comment Eastwood a-t-il pu se fourvoyer dans un exercice qu'il maîtrise si peu? Le spectateur est englué pendant une heure dans des reconstitutions de matchs de rugby de la coupe du monde de 95. C'est affligeant, à un point qu'on se demande s'il y avait un seul vrai rugbyman dans l'équipe du film pour venir conseiller Clint.
Bliss
Faire patiner Juno ne conduit pas nécessairement à un autre bon film. Et quand bien même Barrymore la ferait skier la prochaine fois, le résultat serait le même. A moins qu'elle ne débarrasse ses scénarios de la fadeur qui les plombe. C'est le cas pour Bliss: les mêmes situations dans les mains d'un vrai metteur en scène indépendant auraient certainement engendré un fruit mûr. Il m'est difficile de dire pourquoi Bliss ne m'a pas plu: j'ai la sensation que le film a été édulcoré de tout ce qu'il pouvait avoir de piquant. Le spectateur survole le film mais n'entre jamais dedans. Sa réalisatrice met en scène comme elle joue, gentiment, probablement révoltée par la faim dans le monde et le massacre des ours blancs. Personnellement je m'ennuie.
Agora
La prise de pouvoir des chrétiens à Alexandrie à la fin du quatrième siècle: le sujet n'est pas courant. Amenabar se plaît à inverser les rôles: cette fois, les païens sont les personnages fréquentables du film, les chrétiens des brutes sanguinaires. Agora cultive un petit côté "bienvenu dans l'obscurantisme" pas inintéressant. En dehors du propos, beaucoup d'aspects cinématographiques laissent à désirer. L'obsession de l'héroïne Hypathie pour la science est fatigante, le scénario est décousu, et l'intensité dramatique complètement nulle. Les discussions (qui se veulent) sérieuses sont consternantes. Et les décors... Ils consistent en une sorte de carton-pâte numérique. Les acteurs semblent tourner dans jeu vidéo alors que le film se veut emprunt de réalisme. Déroutant...
mercredi 13 janvier 2010
Pas si simple
Au départ, aller voir ce film devait être une concession. Je ne me doutais pas que cela deviendrait un sacerdoce. Pas si simple dure une éternité, pendant laquelle se succèdent des situations à l'eau de rose criblées de "déjà vu" dans de précédentes comédies romantiques (tout aussi mauvaises). Une guimauve particulièrement molle.
jeudi 7 janvier 2010
La merditude des choses
Une description assez édifiante de l'enfance d'un écrivain avec sa grand-mère méritante, et 4 individus insupportablement alcooliques: son père et ses 3 oncles. Un remarquable numéro d'équilibriste où l'auteur parvient à rester toujours juste malgré l'obscénité régnante dans le foyer familial. Les scènes s'enchaînent, laissant au spectateur l'impression que la vie du gamin peut à tout moment basculer dans l'irréversible. En créant un personnage ordinaire (on voit ce qu'est devenu le gamin: un type normal), l'auteur laisse persister la sensation d'un miracle.
dimanche 3 janvier 2010
Les chats persans
Une ballade à travers l'univers musical d'un couple de jeunes iraniens: de nombreux styles sont passés en revue, de l'Indie-rock au métal. Dans l'ensemble la bande son est plutôt réussie. Le reste n'est pas d'une finesse extrême mais dans le contexte perse, il est possible de faire tolérer à des occidentaux beaucoup de ce qu'ils ne supporteraient pas de la part d'un film américain ou français. Le film passe comme un grand clip musical avec une nappe essentiellement occidentale où seul l'emploi du farsi apporte à la musique ses accents orientaux. Certains cadrages sont d'une prétention artistiques assez surprenante: une scène contient des flous à n'en plus finir à la manière de collégiens qui se donnent des airs de cinéastes dans un projet pédagogique. Malheureusement, les maladresses de ce genre sont assez nombreuses.
Toutefois, ce long-métrage est particulièrement bienvenu compte tenu de l'actualité internationale, et pour qui cherche des raisons de s'intéresser de plus près à la situation iranienne, Les chats persans constituent une approche grand public originale. Cependant, le film dépeint les problèmes rencontrés par une certaine catégorie de jeunes en Iran, des classes moyennes supérieures, qui ne reflète pas nécessairement la situation générale. Le réalisateur nous emmène dans un monde d'artistes en devenir, un peu "fils à papa" sur les bords, qui semblent exclusivement concernés par les problèmes de censure sans jamais regarder du côté de l'origine de leurs problèmes.
Toutefois, ce long-métrage est particulièrement bienvenu compte tenu de l'actualité internationale, et pour qui cherche des raisons de s'intéresser de plus près à la situation iranienne, Les chats persans constituent une approche grand public originale. Cependant, le film dépeint les problèmes rencontrés par une certaine catégorie de jeunes en Iran, des classes moyennes supérieures, qui ne reflète pas nécessairement la situation générale. Le réalisateur nous emmène dans un monde d'artistes en devenir, un peu "fils à papa" sur les bords, qui semblent exclusivement concernés par les problèmes de censure sans jamais regarder du côté de l'origine de leurs problèmes.
vendredi 1 janvier 2010
Solomon Kane
L'histoire importe peu: un guerrier tuait gratuitement, maintenant il tue pour sa rédemption. Le film est assez efficace et répond parfaitement au cahier des charges d'un film de guerre fantastique, avec parfois des accents "Seigneur des Anneaux". Pas mal.
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