Un vieux film (1949) dont le thème, intéressant, est tout de même un peu passé de mode. Il est donc essentiel de faire un effort et de se replacer dans le contexte de l'époque. Kazan y force volontairement le trait: tout le monde est un antisémite qui s'ignore. Le héros possède une susceptibilité aux sous-entendus qui ferait passer les militants de la LICRA pour indifférents au racisme. Le scénario est bien construit. Tel un big-bang suivi d'un big crunch, la colère de Grégory Peck s'étend progressivement au monde entier, avant qu'il ne révise ses jugements sous peine de s'exclure totalement de la société. L'intolérance à l'intolérance reste de l'intolérance. Les dialogues sont plein de richesse même si ce n'est pas le règne de la subtilité. Le mur invisible vaut la peine d'être vu, mais d'un point de vue cinématographique, il faut tout de même reconnaître que c'est assez monolithique. La première partie est très longue et inutile. La dernière heure rattrape le film.
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