Du très bon cinéma indépendant américain. S'il venait l'idée à quelqu'un de passer ses vacances dans le Missouri, Winter's bone se chargerait de l'en dissuader. L'atmosphère du film est terrible. Le froid et l'humidité transpire à travers l'écran, la grisaille y a établit une résidence permanente, et même la forêt est déprimante. Les maisons ne sont rien d'autre que des taudis. La jeune Ree, 17 ans, recherche son père dont la liberté sous caution implique l'hypothèque de la maison familiale. C'est elle qui s'occupe de son frère, de sa soeur et de sa mère impotente. On découvre progressivement que la vallée boisée dans laquelle sont disséminées toutes les habitations est en fait habitée par une grande famille et ses pièces rapportées. Tous les codes de la misère sont là: délinquance, alcoolisme, drogue, violence, dégénérescence des personnages... Le récit est articulé autour d'une histoire de vendetta dans un climat étouffant d'omerta. Mais c'est surtout ce que donne à voir le film qui interpelle: un concentré de tout ce qui ne va pas lorsqu'une société n'offre pas au plus faibles les moyens de se redresser. Pour Ree, toutes les options sont mauvaises. Sa vie se résume à choisir les moins pires. Ce qui rend Winter's bone fascinant pour un habitant de la vieille Europe, c'est le sentiment qu'en se promenant dans les campagnes américaines, ce genre d'endroit est finalement assez facile à trouver.
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