Un film magnifique, interprété avec brillo par trois jeunes acteurs de talent. Malgré le nombre incroyable de scénarii que peut offrir la bioéthique, force est de constater qu'un seul reste vraiment dans les mémoires: Gattaca. Il aura donc fallu attendre 13 ans pour qu'un cinéaste s'empare à nouveau de la génomique pour enfin pondre un nouveau chef d'oeuvre. L'attente valait le coup: on a là le film le plus lowtech de toute une génération de film de SF, et pourtant l'un des meilleurs. Tout en finesse, Never let me go aborde brillamment un sujet assez nouveau dans le cinéma: la résignation totale, ininterrompue et permanente. Les trois personnages acceptent leur terrible destinée sans jamais qu'une discussion ait lieu sur le bien-fondé de ce qui les attend. Encore plus étonnant, le lavage de cerveau qu'ils ont subit n'est pas le fruit d'un vicieux travail psychologique, il est au contraire complètement naturel. Ce qu'ils vont devenir est "bien", toute la société le pense, à tel point qu'il ne leur viendrait pas à l'esprit de le remettre en cause. Beau, fascinant et monstrueux à la fois.
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