Portman excelle. Nina, la danseuse qu'elle incarne, réussit tout ce qu'elle entreprend. Mais c'est incroyablement laborieux. Jamais je n'avais ressenti à ce point cette sensation de "réussite à l'usure" au cinéma. Ajouté à cela son corps, qui transpire la frigidité lorsqu'elle se meut, ou encore la crispation dont elle fait preuve dans l'effort: son jeu est effectivement spectaculaire. Elle méritera très certainement l'Oscar qui lui est promis. Pour ce qui est du film, il est construit exclusivement autour de cette danseuse schizophrène qui fusionne littéralement avec le rôle qu'elle doit incarner: la reine de cygnes. C'est un peu ce qui est pénible dans ce genre d'histoire: le spectateur est obligé de subir unes à unes toutes les hallucinations de Nina. Il est en quelques sortes piégé dans son delirium. Les ficelles sont bien connues des scénaristes: on ne sait jamais si la séquence est rêvée ou bien réelle. Quoiqu'il en soit, le réalisateur n'est pas dans l'overdose. Il laisse à chaque instant son personnage principal aller sur des chemins dangereux sans jamais l'abandonner complètement. Et nous livre au final un long-métrage de qualité, avec, côté BO, une valeur sûre et indémodable: le lac des cygnes.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire