Diminuer les émissions des GES (Gaz à Effet de Serre) implique deux modes d'action: des mesures prises individuellement par chaque état d'une part, et des règles internationales contraignantes. Lorsqu'un état décarbone, ou se propose de le faire, une foule de mécontents envahit les colonnes des journaux et les plateaux de télévision. Parmi les arguments avancés, certains sont d'ordre général et à mon sens, inexacts. Je m'attache dans cet article à démonter une phrase que j'entends souvent: "L'effort que l'on fera est trop peu significatif pour avoir un quelconque impact". Voyons quels sont les efforts en question.
Les programmes d'action pour faire face à l'urgence climatique s'articulent systématiquement autour du triptyque: 1. sobriété énergétique, 2. moins d'émission de CO2 et 3. plus de renouvelable. C'est l'idée par exemple de la règle des 3 fois 20: réduction de 20% de la consommation d'énergie primaire et des émissions de CO2, augmentation de 20% de la part du renouvelable dans la production d'énergie primaire.
Chacun de ces trois points implique la mise en place simultanée d'une politique P, d'une économie E et d'une technologie T. Un exemple: les transports. Les politiques (P) vont inciter l'industrie automobile (E) à construire électrique (T). Une goutte d'eau dans l'océan à notre échelle de petit français? Et pendant ce temps là les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) roulent au pétrole? Je pense au contraire que l'impact est important si l'on garde à l'esprit que l'économie est mondialisée. Les voitures électriques seront certainement fabriquées en masse dans les BRIC... Alors quoi? Ils fabriquent des batteries et roulent au diesel??? Personnellement, j'observe que les chinois, les indiens, les russes... qui écoutent de la musique n'achètent pas des walkman à cassette mais des lecteur MP3, que ceux d'entre eux qui téléphonent le font avec des technologies identiques aux nôtres, que les écrans plats remplacent les tubes cathodiques, comme chez nous...
A coût égal, il n'y a pas de raisons pour qu'un pays en voie de développement refuse de se mettre à jour sur une technologie. La promouvoir à Paris, c'est aussi la promouvoir à Pékin ou à Rio. Contrairement à ce que laisserait penser une première analyse approximative, les petites actions des uns peuvent être globalement impactantes grâce au levier de la mondialisation.
L'aspect global d'une économie libéralisée est précisément au coeur de la problématique environnementale. Ironie du sort, il est intéressant de remarquer que ce raisonnement s'appuie sur les défauts du système (par exemple les délocalisations dans les pays à bas coût) pour obtenir des solutions.
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