Un foyer peu consommateur d'électricité (réfrigérateur, plaque de cuisson électrique, télévision, freebox, une machine à laver le linge et des ampoules) présente une facture d'électricité qui doit se situer aux alentours de 1 MWh par an (megawattheure). Rappelons que pour les unités, la série des préfixes kilo, mega, giga, tera, peta... s'incrémente à chaque fois d'un facteur 1000. Le chauffage électrique et le chauffage de l'eau chaude sanitaire font bien entendu exploser la note. Dans mon cas personnel, j'ai consommé 1070 kWh en 12 mois d'après mes derniers relevés.
Un mètre carré de cellules PV produit chaque année 100 kWh. Une dizaine de mètres carrés me permettront donc de cumuler au bout d'un an ce que j'aurais consommé.
Toujours sur ces mêmes principes de correspondance, la consommation électrique annuelle française s'élève à 500 TWh, soit 5000 km2 de surface recouverte en PV. Ceci indique simplement que, dans l'hypothèse absurde où l'on adapterait en temps réel notre consommation à l'ensoleillement, on monopoliserait la moitié de la surface bâtie sur l'hexagone. Il faudrait pour cela ne plus consommer la nuit et les jours de ciel couvert, être sobre en hiver et se déchaîner en été. En quelque sorte, un grand jeu national "1,2,3 pas de Soleil: stop, on ne bouge plus!".
Pour les amateurs d'exactitude, les chiffres de la consommation électrique française sont donnés par le ministère de l'énergie (cliquer ici pour télécharger le document PDF, de gros progrès dans la présentation), et l'occupation des espaces est évalué par l'IFEN (cliquer ici pour télécharger le PDF, tout de suite en 2ème page).
Un mètre carré de cellules PV produit chaque année 100 kWh. Une dizaine de mètres carrés me permettront donc de cumuler au bout d'un an ce que j'aurais consommé.
Toujours sur ces mêmes principes de correspondance, la consommation électrique annuelle française s'élève à 500 TWh, soit 5000 km2 de surface recouverte en PV. Ceci indique simplement que, dans l'hypothèse absurde où l'on adapterait en temps réel notre consommation à l'ensoleillement, on monopoliserait la moitié de la surface bâtie sur l'hexagone. Il faudrait pour cela ne plus consommer la nuit et les jours de ciel couvert, être sobre en hiver et se déchaîner en été. En quelque sorte, un grand jeu national "1,2,3 pas de Soleil: stop, on ne bouge plus!".
Pour les amateurs d'exactitude, les chiffres de la consommation électrique française sont donnés par le ministère de l'énergie (cliquer ici pour télécharger le document PDF, de gros progrès dans la présentation), et l'occupation des espaces est évalué par l'IFEN (cliquer ici pour télécharger le PDF, tout de suite en 2ème page).
A l'échelle d'un habitat, le standard promu par le gouvernement est actuellement l'installation de 3kWc. Le petit c (pour "crête") signifie que dans des conditions idéales d'exposition, le système PV doit produire 3 kWh par heure. En parcourant la base de donnée des installations PV raccordées au réseau (http://www.bdpv.fr/index.php), on voit que la production oscille entre 3 MWh au Nord et presque 4 MWh au Sud pour des surfaces de toit d'une vingtaine de mètres carrés. Le lecteur attentif aura vite fait de recalculer la production moyenne correspondant à 20 m2 en prenant la valeur citée plus haut de 100 kWh par m2 et par an, et m'opposera que le total s'élève plutôt à 2 MWh par an. J'avais pris en effet un chiffre rond (10%) pour le rendement des cellules PV, tandis que nos concitoyens raccordés au réseau choisissent le plus souvent des panneaux à 15% ou plus.
Faire parti des "3kWc" est intéressant à plus d'un titre. D'une part, il s'agit là de l'un des meilleurs placements que l'on puisse faire. L'installation, raccordée et intégrée à l'architecture du bâtiment, vaut dans les 20 000 euros tout compris (plutôt moins maintenant), rapporte une soixantaine de centimes d'euros au kWh (EDF vend le kWh une dizaine de centimes) et peut faire l'objet d'un emprunt avantageux. Une dizaine d'années suffisent à amortir le tout, puis, jusqu'à la vingtième année du contrat, un chèque non imposable tombe tous les ans (entre 1500 et 2000 euros).
Si les avantages financiers décrits plus haut sont alimentés artificiellement par les subventions d'état, on peut aussi identifier une tendance forte qui ne doit qu'aux caractéristiques intrinsèques du solaire. Très naturellement, les 3kWc cherchent à limiter leur consommation électrique à la capacité de production de leur installation PV. Et encore mieux, l'électricité PV devient LA référence énergétique de la maison.
Dans cet article, je souhaite commenter plus particulièrement ce dernier constat afin d'en examiner la portée: l'installation solaire photovoltaïque constitue une porte d'entrée formidable dans l'univers de la maîtrise de l'énergie. Les 3kWc, à l'origine peu impliqués dans la problématique de l'énergie, se comportent comme s'ils venaient de brancher le décodeur pour pouvoir enfin regarder l'économie d'énergie de près.
Il me semble que la force principale de l'énergie solaire réside dans son individualisation. L'implantation d'un système PV chez soi engendre une prise de conscience aigüe de ce que représente sa consommation de l'énergie. J'avoue être assez séduit par le côté "double-effet" ou "2 en 1" de cette technologie: produire avec la conséquence de consommer moins. Quelle autre technologie peut se vanter de conduire les citoyens à s'approprier la maîtrise de l'énergie?
La proximité retrouvée du particulier avec le concept pourtant si flou et multi-facette de l'énergie repose encore une fois sur la notion de monitoring, déjà évoquée dans l'article sur les smart grids. L'enchaînement logique est ainsi le suivant: le producteur investit, donc il veut savoir combien il produit. Par conséquent il monitore. Il lit des chiffres en kWh qui ne signifient rien pour lui. Il lui faut donc des éléments de comparaison: la base prix lui indique combien EDF lui reverse. Mais il veut aussi savoir s'il est vraiment gagnant, et surtout combien il gagne par rapport à ce qu'il dépense pour sa facture d'électricité. C'est le moment magique: il analyse, comprend et ajuste sa facture EDF (tout s'éclaire...) sur sa production solaire.
Je pensais intituler cet article: "de l'intérêt sociétal du solaire photovoltaïque"... Trop pédant paraît-il.
Faire parti des "3kWc" est intéressant à plus d'un titre. D'une part, il s'agit là de l'un des meilleurs placements que l'on puisse faire. L'installation, raccordée et intégrée à l'architecture du bâtiment, vaut dans les 20 000 euros tout compris (plutôt moins maintenant), rapporte une soixantaine de centimes d'euros au kWh (EDF vend le kWh une dizaine de centimes) et peut faire l'objet d'un emprunt avantageux. Une dizaine d'années suffisent à amortir le tout, puis, jusqu'à la vingtième année du contrat, un chèque non imposable tombe tous les ans (entre 1500 et 2000 euros).
Si les avantages financiers décrits plus haut sont alimentés artificiellement par les subventions d'état, on peut aussi identifier une tendance forte qui ne doit qu'aux caractéristiques intrinsèques du solaire. Très naturellement, les 3kWc cherchent à limiter leur consommation électrique à la capacité de production de leur installation PV. Et encore mieux, l'électricité PV devient LA référence énergétique de la maison.
Dans cet article, je souhaite commenter plus particulièrement ce dernier constat afin d'en examiner la portée: l'installation solaire photovoltaïque constitue une porte d'entrée formidable dans l'univers de la maîtrise de l'énergie. Les 3kWc, à l'origine peu impliqués dans la problématique de l'énergie, se comportent comme s'ils venaient de brancher le décodeur pour pouvoir enfin regarder l'économie d'énergie de près.
Il me semble que la force principale de l'énergie solaire réside dans son individualisation. L'implantation d'un système PV chez soi engendre une prise de conscience aigüe de ce que représente sa consommation de l'énergie. J'avoue être assez séduit par le côté "double-effet" ou "2 en 1" de cette technologie: produire avec la conséquence de consommer moins. Quelle autre technologie peut se vanter de conduire les citoyens à s'approprier la maîtrise de l'énergie?
La proximité retrouvée du particulier avec le concept pourtant si flou et multi-facette de l'énergie repose encore une fois sur la notion de monitoring, déjà évoquée dans l'article sur les smart grids. L'enchaînement logique est ainsi le suivant: le producteur investit, donc il veut savoir combien il produit. Par conséquent il monitore. Il lit des chiffres en kWh qui ne signifient rien pour lui. Il lui faut donc des éléments de comparaison: la base prix lui indique combien EDF lui reverse. Mais il veut aussi savoir s'il est vraiment gagnant, et surtout combien il gagne par rapport à ce qu'il dépense pour sa facture d'électricité. C'est le moment magique: il analyse, comprend et ajuste sa facture EDF (tout s'éclaire...) sur sa production solaire.
Je pensais intituler cet article: "de l'intérêt sociétal du solaire photovoltaïque"... Trop pédant paraît-il.
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